Décidément, ce XXIe siècle persiste à démontrer l’extraordinaire amateurisme de nos instances d’État pour appréhender avec raison le surgissement des maladies infectieuses. On l’a vu pour la COVID, on ré-assiste à un nouveau spectacle consternant, cette fois-ci avec nos vaches. La situation pourrait se révéler risible si le contexte ne se révélait pas aussi dramatique : utilisation maladroite de nouveaux vaccins par ailleurs non correctement testés, tests immunologiques mal réalisés, décisions lapidaires totalement en dépit du bon sens et de la protection de la vie. Hélène Banoun nous emmène aujourd’hui en débriefing d’un cas d’école, celui posé par les 83 vaches de la famille Lhomme. C’est franchement désespérant. Bonne lecture.
https://www.aimsib.org/2026/01/25/diagnostic-de-la-dnc-comment-interpreter-les-resultats-officiels/
Ce texte analyse les résultats des analyses faites sur les vaches d’un troupeau abattu en totalité pour cause de dermatose nodulaire contagieuse. Il s’agit des 83 vaches de la famille Lhomme dans le Haut-Doubs (France, décembre 2025). Cet abattage a été médiatisé par la volonté des éleveurs qui ont résisté à l’abattage et auraient aimé transformer l’exploitation en « ferme test » pour observer l’évolution de la maladie dans un troupeau vacciné. Les résultats des PCR montrent que la vache malade qui a déclenché l’abattage était certainement porteuse du virus sauvage. En revanche, les PCR des quatre vaches testées après euthanasie, à la limite du positif, sont sans doute de faux positifs. C’est pourquoi il est primordial que les éleveurs puissent faire effectuer des contre-expertises comme autorisé par la réglementation européenne
existe t il une étude sur la transmissibilité du vaccin arn m canard via la viande
Non, il n’existe pas d’étude spécifique sur la transmissibilité du vaccin à ARNm pour canards (contre la grippe aviaire) via la consommation de viande. researchgate.net +1
Des préoccupations théoriques ont été soulevées par certains experts, suggérant que l’ARNm auto-amplificateur, encapsulé dans des nanoparticules lipidiques, pourrait potentiellement résister à la digestion et se transmettre via de la viande mal cuite (comme un magret)
Aucune étude de biodistribution ou pharmacocinétique n’a été menée sur les résidus d’ARNm dans la viande de canards vaccinés avant leur commercialisation en France.
Le principe de précaution, inscrit dans la Charte de l’environnement de 2004 (article 5) et dans le droit européen, impose que, en cas d’incertitude scientifique grave et irréversible sur des dommages potentiels pour la santé ou l’environnement, des mesures de prévention doivent être prises même sans preuve formelle de risque.Dans le cas du vaccin à ARNm auto-amplificateur utilisé pour les canards contre la grippe aviaire (depuis fin 2023 en France, obligatoire pour les élevages > 250 têtes), plusieurs critiques, pointent un manque d’application stricte de ce principe :
- Absence d’études spécifiques de biodistribution et de résidus dans la viande, les abats ou via la chaîne alimentaire (transmission potentielle à l’humain par ingestion, même après cuisson). Aucune étude pharmacocinétique dédiée n’a été publiée ou exigée publiquement avant la mise sur le marché massif (plus de 60 millions de canards vaccinés par campagne).
- Différence avec d’autres pays : Aux États-Unis, l’USDA impose souvent des délais de retrait (withdrawal periods) pour les vaccins vétérinaires afin d’exclure tout résidu. En France, l’ANMV (Agence nationale du médicament vétérinaire) et le ministère de l’Agriculture n’ont pas imposé de tel délai pour ce vaccin, affirmant que l’ARNm se dégrade très rapidement (heures/jours) et ne résiste pas à la digestion ni à la cuisson (>70°C).
- Nature du vaccin : Il s’agit d’ARNm auto-amplificateur (plus persistant que les ARNm classiques), encapsulé dans des nanoparticules lipidiques, ce qui soulève des questions théoriques sur sa stabilité en cas de viande peu cuite (magret saignant, foie gras mi-cuit). Des voix critiques estiment que l’absence de tests sur la transmissibilité via l’alimentation viole le principe de précaution, surtout face à l’incertitude sur les effets à long terme