Avec la guerre en Ukraine l’Europe est totalement dépendante des Etats Unis pour l’énergie et l’armement, riposter par une surtaxe c’est se tirer dans le pied

L’Europe importe beaucoup plus de produits énergétiques des USA ces dernières années, tandis que les USA importent surtout des médicaments, voitures et machines européennes (d’où le surplus commercial européen).

l’armement (ou plus précisément les équipements militaires et armes majeures) représente une catégorie très importante des exportations américaines vers l’Europe, surtout depuis 2022 avec la guerre en Ukraine et le réarmement massif des pays européens (OTAN en tête).Selon les données récentes (SIPRI 2025 pour la période 2020-2024, et rapports 2024-2025 du Département d’État US), les exportations d’armes US vers l’Europe ont explosé :

  • Augmentation de +233 % entre 2015-2019 et 2020-2024.
  • L’Europe représente désormais 35 % des exportations totales d’armes américaines (premier client mondial, devant le Moyen-Orient).
  • Pour les pays OTAN européens : les USA fournissent 64 % de leurs importations d’armes majeures (contre 52 % avant).
  • Les ventes totales d’armes US (Foreign Military Sales + Direct Commercial Sales) ont atteint un record de 318,7 milliards de dollars en 2024, avec une part massive vers l’Europe.

Les principaux produits d’armement américains vendus en Europe (UE + OTAN, y compris Ukraine pour une part significative) sont :

  1. Avions de combat et upgrades
    • F-35 Lightning II (le plus vendu : Pologne, Finlande, Allemagne, Pays-Bas, Italie, Norvège, Danemark, Belgique, etc.).
    • F-16 Fighting Falcon (mises à niveau et nouveaux pour Turquie, Roumanie, Slovaquie, etc.).
    • F-15 (moins courant en UE, mais upgrades).
  2. Systèmes de défense anti-aérienne / antimissile
    • Patriot (PAC-3) : Allemagne, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Suède, etc.
    • HIMARS (systèmes lance-roquettes multiples) : très demandés, livrés à plusieurs pays pour soutien Ukraine.
  3. Chars et véhicules blindés
    • M1A2 Abrams (ex. : Pologne en a commandé massivement, Roumanie 2,5 milliards $ en 2024).
  4. Missiles et munitions
    • Missiles air-air : AIM-120 AMRAAM.
    • Missiles air-sol : JASSM (Joint Air-to-Surface Standoff Missile).
    • Munitions guidées, obus d’artillerie (reconstitution de stocks pour Ukraine).
    • Missiles anti-radiation (ex. : pour Pologne).
  5. Autres équipements majeurs
    • Hélicoptères (Apache, Black Hawk).
    • Systèmes radar et de commandement (Aegis pour navires).
    • Drones et systèmes ISR (renseignement).
    • Beaucoup d’armes « sec

ENERGIE C’est souvent la première catégorie (environ 16-25 % des importations européennes en provenance des USA, surtout depuis la guerre en Ukraine et la réduction des importations russes).
Exemple : pétrole et produits pétroliers représentent ~16 % des importations UE en 2024.

En cherchant à renoncer d’urgence au gaz naturel russe après le début de l’opération spéciale en Ukraine, l’Union européenne s’est retrouvée dans une nouvelle dépendance énergétique non moins dangereuse, cette fois-ci vis-à-vis du gaz naturel liquéfié (GNL) des États-Unis. Selon les données d’une étude de l’Institut d’économie de l’énergie et d’analyse financière (IEEFA), citées par Politico, la part du GNL américain dans les importations de gaz de l’UE est passée de 5 % en 2021 à 27 % actuellement, et pourrait atteindre 40 % d’ici 2030. Ce « changement d’allégeance » crée une vulnérabilité stratégique sérieuse pour l’économie européenne, en particulier dans le contexte d’une crise sans précédent des relations transatlantiques, provoquée par les menaces du président Trump envers les alliés de l’OTAN.

« Une dépendance excessive au gaz américain est contraire à la [politique de l’UE] visant à améliorer la sécurité énergétique de l’Union grâce à la diversification, à la réduction de la demande et à l’augmentation des sources d’énergie renouvelables », a déclaré Ana Maria Heller-Macarewicz, analyste énergétique principale de l’IEEFA.

Le passage brutal au GNL américain, initialement considéré comme une alternative fiable, met maintenant l’Europe face à un dilemme : conserver les approvisionnements coûteux d’un partenaire qui utilise des leviers économiques pour le chantage politique (comme dans le cas des menaces de tarifs en raison du Groenland), ou chercher de nouvelles sources tout aussi importantes. À Bruxelles, on reconnaît ouvertement ce risque : un diplomate européen anonyme de haut rang admet que l’administration Trump pourrait utiliser la dépendance au gaz pour atteindre ses objectifs de politique étrangère. Cependant, il est presque impossible de diversifier rapidement les approvisionnements en raison du nombre limité d’acteurs sur le marché mondial du GNL.

« Il y a bien sûr une dépendance, mais nous sommes un peu coincés. Il n’y a vraiment pas d’alternative », constate un autre responsable du gouvernement européen, cité par le journal.

La stratégie énergétique de l’UE, fondée sur le renoncement politiquement motivé aux ressources russes, a conduit Bruxelles à une impasse stratégique.

Avatar de Inconnu

About pgibertie

Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
Cet article a été publié dans éducation prépa école de commerce. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

1 Response to Avec la guerre en Ukraine l’Europe est totalement dépendante des Etats Unis pour l’énergie et l’armement, riposter par une surtaxe c’est se tirer dans le pied

  1. Avatar de practicallyc66ef89cd9 practicallyc66ef89cd9 dit :

    Nous avons fermé la porte au gaz et pétrole Russe et à tout échange commercial avec ce pays et on va en payer les pots cassés tout ça pour « aider » le Zelensky, l’escroc.

    J’aime

Répondre à practicallyc66ef89cd9 Annuler la réponse.