Le Monde a échappé la vérité, alors il veut la rattraper !Comment « révéler » la fabrication du covid en laboratoire cinq ans après les complotistes ,relisons Reichstadt

Amusant, c’est l’Immonde qui publie la tribune , on y lisait en 2020:

Selon un sondage de l’IFOP pour la Fondation Jean-Jaurès et Conspiracy Watch publié le 28 mars, 26 % des Français estiment ainsi que le SARS-CoV-2, le virus responsable de la pandémie actuelle, a été créé par l’homme. Aux Etats-Unis, selon une étude de journalism.org, ils sont même 29 % à adhérer à cette thèse pourtant battue en brèche par toutes les publications scientifiques.

« Le virus qui circule actuellement a été séquencé de partout. On sait qu’il est sauvage, qu’il n’a pas été créé en laboratoire. Il n’y a pas de discussion possible là-dessus », assure Guy Gorochov, responsable du centre d’immunologie et des maladies infectieuses de l’Inserm. Un discours qui ne porte visiblement pas dans une frange de l’opinion.

« C’est la conjugaison d’une très grande méfiance et d’un profond analphabétisme », se désespère Rudy Reichstadt, directeur de Conspiracy Watch et auteur de L’Opium des imbéciles. Essai sur la question complotiste (Grasset, 2019). « Une importante partie de la population n’a aucune conscience de son incompétence – c’est l’effet Dunning-Kruger –, et les réseaux sociaux désinhibent beaucoup. Avant, on respectait davantage la parole des experts. »

Le SARS-CoV-2, le coronavirus à l’origine de la pandémie de Covid-19, est, selon toutes les études sérieuses sur le sujet, d’origine naturelle. A défaut de pouvoir retracer son parcours précis, les scientifiques du monde entier s’accordent sur ce point, comme l’ont encore reconfirmé récemment des études chinoisebritannico-australo-américaine et américano-suisse.

Comment en sont-ils si sûrs ? « C’est à la portée de n’importe quel biologiste moléculaire derrière son écran, explique Guy Gorochov. Des milliers d’entre eux dans le monde ont vu sa séquence. C’est un travail d’étudiant de comparer les séquences ADN, et on sait que l’analogie est très forte avec des virus sauvages, pas avec des chimères. » Selon les connaissances actuelles, le SARS-CoV-2 est identique à plus de 90 % au virus RaTG13 de la chauve-souris et au Pangolin-CoV du pangolin.

Autre élément permettant d’asseoir ces conclusions : les virus créés et naturels ne se ressemblent pas. La nature avance en effet par subtiles mutations, tandis que les scientifiques opèrent par recombinaison de deux souches. « Les virus naturels évoluent plutôt sur des détails, c’est ce qui fait qu’ils s’adaptent. Dès qu’il y a un mélange [artificiel], ça saute aux yeux, continue leresponsable du centre d’immunologie et des maladies infectieuses de l’Inserm. On verrait que la protéine d’enveloppe ne correspond pas à la famille habituelle. Dans le cas du SARS-CoV-2, on sait que ce n’est pas un virus bricolé. »

Un discours scientifique inaudible

Alors, pourquoi un quart des Français continuent-ils d’adhérer à la piste de la création humaine, en dépit des avancées scientifiques ?

Il y a d’abord un contexte général. « C’est le résultat du travail métapolitique et idéologique d’une certaine mouvance conspirationniste très active », estimeRudy Reichstadt.Et de rappeler que, selon un sondage de 2019, 25 % des Français adhéraient à au moins cinq théories complotistes parmi une dizaine proposée.

La seconde raison est à chercher du côté du choc émotionnel lié à cette pandémie. « On sait que quand on est en période de perte de contrôle, de manque de certitude, on a tendance à privilégier les explications intentionnalistes et les énoncés conspirationnistes », poursuit Rudy Reichstadt.Une série de six expériences menées en 2008 montre une corrélation entre situation de vulnérabilité et recours à des explications superstitieuses ou complotistes. Dans le sondage l’IFOP, les plus jeunes et les personnes issues de catégories sociales défavorisées sont les plus perméables à la théorie du virus créé par l’homme.

Une troisième explication tient au confinement, qui offre beaucoup plus de temps pour partager des publications sur les réseaux sociaux, et à la dissymétrie entre l’accessibilité des vidéos conspirationnistes et l’aridité des travaux scientifiques.

 On parlait à l’époque de virus un peu monstrueux, fabriqué en laboratoire par des savants fous, et cela ne reposait sur rien, recadre Guy Gorochov, responsable du centre d’immunologie et des maladies infectieuses de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, interrogé en 2020 sur ces thèses.

Amusant de relever parmi les signataires d’une tribune publiée par l’Immonde, le nom d’un télétoubib comme Antoine Flahault ou des journalistes comme Yves Sciama chaud partisan de la responsabilités des visons

Reconnaissons à M Flahault d’avoir reconnu l’utilité du débat scientifique sur Twitter

Parmi les signataires des scientifiques sérieux qui ont utilisé leur doute critique depuis longtemps comme Patrick Berche Etienne Decroly et Marc Eloit

2021

« L’hypothèse de la zoonose était la grande favorite au début de l’épidémie, résume Etienne Decroly, directeur de recherche en virologie au CNRS. Mais un an après, 80 000 échantillons ont été testés pour trouver l’hôte intermédiaire, et ces analyses n’ont pas permis d’identifier l’animal responsable de cette zoonose. La rigueur scientifique veut qu’on explore donc d’autres hypothèses initialement considérées comme moins probables. »

2023 – L’Académie de Médecine a organisé une conférence semblant favorable à la théorie selon laquelle la pandémie de Covid-19 a été provoquée par un accident de laboratoire.

En 2020, alors que la pandémie de Covid-19 plongeait le monde dans une crise sans précédent, déclarer publiquement que le SARS-Cov-2 s’était échappé d’un laboratoire (plus précisément du laboratoire P4 de Wuhan en Chine) vous valait d’être traité au mieux de fou, au pire de complotiste admirateur de Donald Trump. Tous les scientifiques sérieux s’accordaient pour dire (publiquement en tout cas) que le SARS-Cov-2 était apparu naturellement, qu’il avait été transmis de la chauve-souris à l’homme via un animal intermédiaire et que la thèse de l’accident de laboratoire n’était qu’une théorie du complot créée pour discréditer la Chine.

Trois ans plus tard, les choses ont radicalement changé. De plus en plus de scientifiques considèrent que la possibilité que la pandémie de Covid-19 ait été déclenchée par un accident de laboratoire est sérieuse, alors même que l’hypothétique origine naturelle du virus n’a pas été trouvée. Aux Etats-Unis, la question a pris un tournant politique, le FBI et le ministère de l’Energie défendant désormais officiellement la théorie de l’accident de laboratoire, tandis que les républicains accusent les démocrates d’essayer de cacher la vérité au grand public. En France en revanche, la question est rarement débattue publiquement (peut-être du fait que le fameux laboratoire P4 de Wuhan accusé d’être à l’origine de la pandémie a été mis en œuvre en collaboration avec des chercheurs français). En 2021, le gouvernement a déclaré ne pas vouloir « politiser le sujet de l’origine du virus ».

Le mystère du site de clivage de la furine

La tenue ce mardi à l’Académie de Médecine d’une séance consacrée à la théorie de l’accident de laboratoire (sans pour autant la confirmer) est donc un évènement inédit pour la communauté scientifique française, marquant tout le chemin parcouru par cette thèse au départ jugée complotiste. Intitulée « De l’origine du Sars-Cov-2 à la virologie/biologie dangereuse », cette conférence a été l’occasion de présenter les différents éléments appuyant l’hypothèse selon laquelle le SARS-Cov-2 ait été créé en laboratoire, possiblement via des expériences dits de gain de fonction, consistant à augmenter artificiellement la pathogénicité d’un virus.

L’intervention de Marc Eloit a particulièrement marqué les esprits. Se qualifiant lui-même de « pécheur de virus », ce virologue de l’Institut Pasteur a expliqué comment lui et son équipe étaient partis au Laos en 2021 sur les traces de l’origine du virus. Pourquoi au Laos et pas en Chine ? Tout simplement parce que Pékin a interdit toute enquête internationale sur l’origine du virus sur son territoire.

Au Laos, Marc Eloit a ainsi découvert chez la chauve-souris un virus, qu’il a appelé Banal-52, similaire à 97 % au SARS-Cov-2. Principale différence entre les deux virus : le Banal-52 ne présente pas de site de clivage à la furine, une particularité qui explique la très grande contagiosité du SARS-Cov-2 chez l’homme. Or, en réalisant plusieurs passages du Banal-52 chez des souris génétiquement modifiés ayant des récepteurs cellulaires proches de ceux des hommes, Marc Eloit a semble-t-il démontré que ce site furine n’a pas pu apparaitre naturellement.

Si c’est un simple doute que Marc Eloit a exprimé, son collègue Patrick Berche s’est voulu beaucoup plus direct. Pour l’ancien directeur de l’Institut Pasteur de Lille, tout porte à croire que le virus s’est échappé d’un laboratoire, à commencer par les incohérences de la thèse de l’origine naturelle. En effet, si le virus était né dans la nature, l’épidémie serait apparue progressivement, en plusieurs foyers dispersés et non pas uniquement à Wuhan à proximité du laboratoire P4. « Si des animaux vendus sur le marché de Wuhan ont été porteurs du virus, comment-ils ont pu transiter sur des centaines de kilomètres sans faire aucun cas ailleurs ? » s’interroge le chercheur. Patrick Berche a conclu son intervention en évoquant une information révélée en 2021 par un groupe de scientifiques indépendant, le Drastic, mais passé inaperçu : avant la pandémie, le laboratoire P4 de Wuhan procédait bien à des expériences de gain de fonction, le projet Defuse, consistant à insérer des sites furine dans des virus de chauve-souris.

2022

Patrick Berche, ancien directeur général de l’Institut Pasteur de Lille, a même ajouté que les pandémies (épidémies à l’échelle mondiale) ne sont pas des phénomènes nouveaux, puisque l’humanité a dû les affronter dès le Néolithique. Les primates, les rongeurs, les chauves-souris, les oiseaux, les animaux de compagnie et le bétail, sont historiquement le point de départ de la majorité des maladies infectieuses émergentes. Antoine Gessain, responsable de l’unité d’Epidémiologie et physiopathologie des virus oncogènes, a rappelé que 70% des maladies infectieuses émergentes sont des zoonoses. Les réservoirs animaux et les modes de transmission sont variés mais se font surtout par contact avec les fluides biologiques des animaux (sang, salives, urines, …)

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Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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8 Responses to Le Monde a échappé la vérité, alors il veut la rattraper !Comment « révéler » la fabrication du covid en laboratoire cinq ans après les complotistes ,relisons Reichstadt

  1. Avatar de elba jovialedbba43735 dit :

    « …avant la pandémie, le laboratoire P4 de Wuhan procédait bien à des expériences de gain de fonction, le projet Defuse, consistant à insérer des sites furine dans des virus de chauve-souris. »

    Pour moi, tout est dit !

    Les expériences de « gain de fonction » sont-ils faits dans un but précis ? … Celui de soigner les gens ou bien de les rendre malades ? Je me pose la question.

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  2. Avatar de Dany Dany dit :

    Apres avoir ridiculisé, puis essayé de la réfuter, place au « c’est évident », avant le « on l’a toujours su ».

    Ceci étant, pas besoin de docs confidentiels : il suffit de reprendre tout ce qui est public maintenant aux US – les documents DEFUSE en effet, mais aussi CREID

    Origine de l’épidémie Covid : le congrès des Etats-Unis va-t-il vraiment ouvrir le couvercle de la marmite ? | FranceSoir

    Intéressant : les pistes qui mènent à Wuhan vont surtout vers la Caroline du Nord et le Montana…Comme a dit Jeffrey Sachs, les USA sont responsables et doivent un montant au monde

    Avec les contreverses multiples entre les US et l’Europe, c’est le moment pour l’Europe de dénoncer les US !

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  3. Ping: Le Monde a échappé la vérité, alors il veut la rattraper !Comment « révéler » la fabrication du covid en laboratoire cinq ans après les complotistes… – Qui m'aime me suive…

  4. Avatar de Gilbert Gilbert dit :

    « C’est la conjugaison d’une très grande méfiance et d’un profond analphabétisme », se désespère la population qui se détourne de Conspiracy Watch qui rend imbécile (Raté sur la question complotiste qui était proche de la vérité, 2025). « Une importante partie des fact checkers n’ont aucune conscience de leur incompétence – c’est l’effet Dunning-Kruger –, et les réseaux sociaux désinhibent beaucoup. Avant, on ignorait davantage la parole des incompétents comme moi».

    Rodolphe Richeville (le loup glorieux) dit l’Arroseur Arrosé

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  5. Avatar de maikoro12 maikoro12 dit :

    sauf erreur, le Pr Montagnier avait justement indiqué dès 2020 ou 2021 la présence du site furine comme indication que le virus était fabriqué… Honneur a un grand savant

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