La Commission de Venise analyse le coup d’état européiste en Roumanie et l’interdiction faite à Georgescu de se présenter

La Commission de Venise n’a rien à voir avec l’Union Européenne , elle comprend 61 pays , elle analyse les questions constitutionnelles. Elle veut publier un rapport sévère sur las évènements en Roumanie . Xavier Azalbert vient de découvrir une information capitale : la Commission de Venise se réunira ce week-end pour voter sur le rapport contestant la décision de la Cour constitutionnelle roumaine d’annuler les élections. Cela survient quelques jours seulement après l’interdiction faite à Calin Georgescu de se représenter.

➡️Le rapport urgent de la Commission de Venise, publié le 27 janvier 2025, concernant l’annulation de l’élection présidentielle roumaine de 2024 par la Cour constitutionnelle (CCR), décrit la décision comme déficiente en termes de transparence, de preuves, de droits de recours, d’équité procédurale et de fondement juridique, violant ainsi de multiples normes démocratiques.
➡️Manque de transparence et de preuves : La Commission de Venise a souligné que les décisions d’annulation des élections doivent être fondées sur des preuves claires et transparentes d’irrégularités suffisamment importantes pour influencer le résultat. Dans le cas de la Roumanie, la décision de la CCR s’est appuyée sur des informations contextuelles provenant des services de renseignement sans fournir de preuves concrètes, ce que la Commission juge insuffisant. Cette opacité porte atteinte à l’exigence démocratique de justification vérifiable.
➡️Absence de droit de recours : La Commission note que les normes démocratiques exigent le droit de contester les décisions électorales, y compris celles rendues par une cour constitutionnelle, devant une instance judiciaire. En Roumanie, la décision de la CCR annulant les élections (décision n° 32 du 6 décembre 2024) est définitive et sans appel, ne laissant aucune possibilité de recours judiciaire. Cela constitue une violation des droits procéduraux et des protections contre les décisions arbitraires.
➡️Irrégularités procédurales : Le rapport souligne que la procédure d’annulation doit respecter l’équité procédurale. En Roumanie, l’intervention de la CCR n’a pas respecté ces normes, puisqu’elle a annulé sa propre validation antérieure du premier tour (le 2 décembre 2024) sans que de nouveaux éléments décisifs ne soient apparus entre-temps. La Commission suggère que cela reflète une application incohérente et potentiellement arbitraire de l’autorité.
➡️Cadre juridique insuffisant : La Commission de Venise ne nie pas catégoriquement la capacité d’une cour constitutionnelle à annuler des élections ou à agir d’office, mais elle souligne que ces pouvoirs doivent être explicitement réglementés et limités à des circonstances exceptionnelles. Le cadre juridique roumain ne définit pas adéquatement ces conditions, ce qui permet à la CCR d’agir sans garde-fous démocratiques clairs, ce qui s’écarte des normes internationales.
➡️Impact sur la confiance démocratique : L’annulation, exécutée sans justification solide ni mécanismes de recours, érode la confiance du public dans le processus électoral. Les normes de la Commission visent à garantir que les résultats des élections reflètent la volonté du peuple, un principe compromis lorsque les droits procéduraux sont bafoués.

Pour la démocratie par le droit  

La Commission européenne pour la démocratie par le droit – plus connue sous le nom de Commission de Venise, ville où elle se réunit, – est un organe consultatif du Conseil de l’Europe sur les questions constitutionnelles.

 

La mission de la Commission de Venise du Conseil de l’Europe est de procurer des conseils juridiques à ses États membres et, en particulier, d’aider ceux qui souhaitent mettre leurs structures juridiques et institutionnelles en conformité avec les normes et l’expérience internationales en matière de démocratie, de droits humains et de prééminence du droit1. Le nom complet de la Commission est « Commission européenne pour la démocratie par le droit ».

 

Elle contribue également à la diffusion et au développement d’un patrimoine constitutionnel commun, joue un rôle unique dans la gestion des conflits et fournit une « aide constitutionnelle d’urgence » aux États en transition.


La Commission comprend 61 États membres : les 46 États membres du Conseil de l’Europe2 ainsi que 15 autres membres non européens (l’Algérie, le Brésil, le Canada, le Chili, la République de Corée, le Costa Rica, les Etats-Unis, Israël, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Kosovo, le Maroc, le Mexique, le Pérou et la Tunisie). L’Argentine, le Japon, le Saint-Siège et l’Uruguay sont observateurs. Le Comité des ministres du Conseil de l’Europe a autorisé3 la coopération avec L’Afrique du Sud et la Palestine*. La Commission coopère également étroitement avec l’Union européenne, l’OSCE/BIDDH et l’Organisation des États américains (OEA).

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About pgibertie

Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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7 Responses to La Commission de Venise analyse le coup d’état européiste en Roumanie et l’interdiction faite à Georgescu de se présenter

  1. Avatar de Jean-louis Roba Jean-louis Roba dit :

    C’était bien la peine de fusiller les Ceaucescu pour établir une démocrature.

    Aimé par 1 personne

  2. Avatar de Gilbert Gilbert dit :

    « La Commission de Venise … est un organe consultatif du Conseil de l’Europe sur les questions constitutionnelle. »

    Quelles est son influence ? Que se passe t’il si l’UE ignore ses conclusions ?

    Pas grand chose, je le crains.

    L’UE a décidé du rôle de la Roumanie dans la guerre en Ukraine et je pense qu’elle ira jusqu’au bout. Elle se moque totalement des conséquences pour la population roumaine. La démocratie a vécu.

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    • Avatar de elba jovialedbba43735 dit :

      Gilbert, je me demande dans quelle mesure l’UE n’est pas une extension des USA. Ce sont tout de même ces derniers qui ont fomenté les prémisses du conflit, non ? Tout ça, sans doute, pour tenter d’attaquer la Russie, peut-être, ou tout du moins, de la fragiliser.

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  3. Avatar de elba jovialedbba43735 dit :

    « Les normes de la Commission visent à garantir que les résultats des élections reflètent la volonté du peuple, un principe compromis lorsque les droits procéduraux sont bafoués. »

    C’est tout simple, ça : le peuple veut Georgescu, et il est prouvé que ces élections ont été annulées sans preuves d’exactions véritables de la part de ce candidat. Alors, normalement, cette « Commission de Venise » (je note au passage que les USA y sont présents) devrait déclarer que l’éviction de Georgescu n’est pas légitime.

    Mais voilà : quel POUVOIR a cette commission ? Si elle n’est que consultative…

    A quoi donc servent ces diverses commissions, tribunaux internationaux (CPI par exemple) si cela ne sert à rien dans toute cette affaire (et dans d’autres.) Ces gens ne sont-ils payés grassement QUE pour palabrer, sans qu’il y ait pour résultat de remettre l’église au centre du village, comme on dit ?

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    • Avatar de lepiaf18 lepiaf18 dit :

      « Mais voilà : quel POUVOIR a cette commission ? Si elle n’est que consultative… »

      Vous avez parfaitement raison !
      Nos journaleux ont bien la « Charte de Munich » comme code de déontologie, soit disant; et pourtant ils s’assoient dessus tous les jours !

      Perso je ne connaissais même pas l’existence de cette Commission; peut-être m^me que la bande à Macron-VDL non plus, après tout !
      Advienne ce que pourra et qui vivra verra; les Roumains ne sont pas les Français, ça pourrait donc un peu secouer quand même …. à l’Est !

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  4. Ping: La Commission de Venise analyse le coup d’état européiste en Roumanie et l’interdiction faite à Georgescu de se présenter – Qui m'aime me suive…

  5. Avatar de dany dany dit :

    Le rapport de la Commission de Venise a été validé le 15 mars.

    Il faut bien voir que ce rapport énonce des principes généraux sans examiner les faits du cas roumain.

    Rapport urgent sur l’annulation des résultats des élections par les cours constitutionnelles – Commission de Venise

    Il est donc nécessaire de lire le rapport qui énonce les principes applicables à un processus d’annulation de résultat électoral, en les comparant à notre connaissance des faits et processus roumains ; c’est dans ce cadre seulement que le rapport de Venise semble en effet critique sur plusieurs points clefs.

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