Le rôle du Soleil dans le changement climatique / une évidence que refuse le GIEC

Le rôle du Soleil dans le changement climatique est vivement débattu. Certaines études suggèrent que son impact est important, tandis que d’autres suggèrent qu’il est minime. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) soutient ce dernier point de vue et suggère que près de 100 % du réchauffement de surface observé entre 1850-1900 et 2020 est dû aux émissions anthropiques.

Cependant, les conclusions du GIEC se fondent uniquement sur des simulations informatiques réalisées avec des modèles climatiques mondiaux (MCG) forcés par un enregistrement de l’irradiance solaire totale (TSI) montrant une faible variabilité multidécennale et séculaire.

Les mêmes modèles supposent également que le Soleil affecte le système climatique uniquement par le biais du forçage radiatif – comme le TSI – même si le climat pourrait également être affecté par d’autres processus solaires.

Dans cet article, je propose trois modèles multi-proxy « équilibrés » de l’activité solaire totale (TSA) qui prennent en compte tous les principaux proxys solaires proposés dans la littérature scientifique.

Leur signature optimale sur les enregistrements de température globale et de surface de la mer est évaluée conjointement avec celles produites par les fonctions de forçage radiatif anthropique et volcanique adoptées par les GCMs CMIP6.

Cela est fait en utilisant un modèle de bilan énergétique de base calibré avec une méthodologie de régression multilinéaire différentielle, qui permet au système climatique de répondre à l’apport solaire différemment qu’aux seuls forçages radiatifs, et d’évaluer également la réponse temporelle caractéristique du climat.

La méthodologie proposée reproduit les résultats des GCMs CMIP6 lorsque leurs fonctions de forçage d’origine sont appliquées dans des conditions physiques similaires, indiquant que, dans un tel scénario, la plage probable de la sensibilité climatique à l’équilibre (ECS) pourrait être de 1,4 °C à 2,8 °C, avec une moyenne de 2,1 °C (en utilisant l’enregistrement de température HadCRUT5), ce qui est compatible avec le groupe de GCMs CMIP6 à faible ECS.

Cependant, si les enregistrements solaires proposés sont utilisés comme proxys TSA et que la sensibilité climatique à ces enregistrements est autorisée à différer de la sensibilité climatique aux forçages radiatifs, on constate un impact solaire beaucoup plus important sur le changement climatique, ainsi qu’un effet radiatif considérablement réduit.

Dans ce cas, l’ECS est de 0,9 à 1,8 °C, avec une moyenne d’environ 1,3 °C. Des plages d’ECS plus basses (jusqu’à 20 %) sont trouvées en utilisant HadSST4, HadCRUT4 et HadSST3.

Le résultat suggère également qu’au moins environ 80 % de l’influence solaire sur le climat pourrait ne pas être induite par le seul forçage TSI, mais plutôt par d’autres processus Soleil-climat (par exemple, par une modulation magnétique solaire des rayons cosmiques et d’autres flux de particules, et/ou autres), qui doivent être étudiés en profondeur et compris physiquement avant que des modèles de circulation générale fiables puissent être créés.

Ce résultat explique pourquoi les études empiriques ont souvent constaté que la contribution solaire aux changements climatiques tout au long de l’Holocène a été significative, alors que les études basées sur les modèles de circulation générale, qui n’adoptent que les forçages radiatifs, suggèrent que le Soleil joue un rôle relativement modeste.

Arthur Corentin, Ph.D.

https://t.co/H7lL2gxD44

En juin 2023, sortait dans la revue Geoscience Frontiers de l’éditeur Elsevier, un article du géophysicien Nicolas Scafetta, intitulé « Evaluation empirique du rôle du Soleil dans le changement climatique à l’aide d’enregistrements solaires multi-proxy équilibrés ». Si pour bon nombre de climato-réalistes il est évident que le Soleil est à l’origine des changements climatiques, il reste à essayer de le démontrer solidement pour que cette affirmation puisse être prise au sérieux.

C’est à cette tâche que se sont attelés Nicolas Scafetta et bien d’autres géophysiciens depuis de nombreuses années, mais cette publication de juin 2023 constitue, selon moi, un tournant et elle ne peut pas être ignorée.

Comme il le dit dans son article, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) suggère que près de 100 % du réchauffement de la surface observé entre 1850-1900 et 2020 est dû aux émissions anthropiques de gaz à effet de serre. Cependant, les conclusions du GIEC reposent uniquement sur des simulations informatiques réalisées à l’aide de modèles climatiques globaux forcés par un enregistrement de l’irradiation solaire totale (TSI), qui montre en fait une faible variabilité multidécennale et séculaire. Ces mêmes modèles supposent également que le Soleil n’affecte le système climatique que par le biais de ce forçage radiatif, alors que le climat pourrait également être affecté par d’autres processus solaires ». Ces processus sont regroupés sous le terme d’Activité Solaire Totale ou TSA, dont la TSI ne constitue qu’une partie. La TSA considère aussi l’effet du champ magnétique du Soleil, qui module les flux de rayons cosmiques à l’origine de la formation des nuages ou les changements de rayonnement UV qui ont un impact sur les concentrations en ozone dans la stratosphère, et probablement d’autres mécanismes.

Nicolas Scafetta, spécialiste du Soleil, a donc essayé de prendre en compte la TSA à l’aide,  de jeux de données incluant trois nouveaux enregistrements de TSI allant de 1700 à 2022, déjà utilisés pour des études sur les changements climatiques. L’un d’eux, proposé il y a 30 ans, présente de fortes variations multidécennales et il a été complété par des données plus récentes acquises avec le radiomètre ACRIM de la NASA.

Pour modéliser l’effet de ces jeux de données, il a considéré que les températures terrestres globales et les températures de surface de la mer (SST) nommées T(t), sont déterminées par trois composantes : l’activité anthropique, l’activité volcanique et l’activité solaire. Puis, il a dérivé la fonction T dépendante du temps t, par rapport à ces trois composantes pour déterminer leurs coefficients de sensibilité respectifs, fonctions essentielles pour discriminer l’impact de chacune des composantes sur l’évolution de la température. Il s’est ensuite servi de ses trois jeux de données pour simuler des variations de température et observer la corrélation avec les enregistrements de T(t).

Pour s’assurer de la validité de ses simulations, il a reproduit tout d’abord, la simulation du GIEC à partir des données de son dernier rapport. Sans surprise, il est arrivé à la même conclusion : le rôle du Soleil est mineur et la composante anthropique est prépondérante sur les autres, du fait de la faible variabilité de la TSI du jeu de données utilisé.

En utilisant les trois jeux prenant en compte la TSA, sa modélisation suggère qu’elle pourrait avoir un impact 4 à 7 fois plus important que l’impact de la TSI seule, ce qui implique que l’effet du Soleil sur le climat pourrait être dû à d’autres mécanismes que ceux du forçage par la TSI.

Les personnes avisées le savaient déjà, mais il fallait le démontrer. Cette simulation montre aussi que l’effet des variations de l’activité solaire pourraient être comparable à la composante anthropique et que sa corrélation avec les enregistrements de température globale et de SST est meilleure que celle obtenue par le GIEC. Enfin, elle montre que la sensibilité climatique à l’équilibre ou ECS (résultat d’un doublement de la concentration en CO2), serait située entre 0,8 et 1,8 °C en prenant pour la simulation, uniquement les températures terrestres, et 0,6 à 1,6 °C avec uniquement les SST, alors que pour le GIEC, l’ECS est « probablement » situé entre 2,5 et 4 °C.

Cette publication vient donc en opposition frontale avec le sixième rapport du GIEC sur l’évaluation des changements climatiques, et elle ne peut être ignorée. Attendons les arguments qui lui seront opposés.

https://www.climato-realistes.fr/laction-du-soleil-sur-le-climat-3eme-partie/

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About pgibertie

Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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7 Responses to Le rôle du Soleil dans le changement climatique / une évidence que refuse le GIEC

  1. Avatar de JMT Conseil sprl JMT Conseil sprl dit :

    SVP Mr Gibertie, le GIEC n’est pas un groupe d’experts, C’est un Intergouvernemental Panel sur le Changement Climatique. IPCC pas d’expert, plutôt strapontin diplomatique.

    MERCI

    Bravo pour vos articles que je suis systématiquement.

    Aimé par 4 personnes

    • Avatar de lepiaf18 lepiaf18 dit :

      Je suis ENTIEREMENT D’ACCORD avec vous ! Même l’accronyme français GIEC ne prend pas en compte le mot « experts ». C’est juste un abus de langages de nos lobbyistes !

      Wikipedia (surnommé souvent Wikimerdia !) donne cette correspondance pour l’acronyme GIEC: Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat.
      La notion « d’experts » a clairement été rajoutée dans la traduction française, à la base elle n’existe pas. Il y a donc bien tentative de désinformation.

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  2. Avatar de Jean-Luc Ollivier Jean-Luc Ollivier dit :

    Le GIEC avait traité Henrik Svensmark de clown. Il avait pourtant démontré expérimentalement l’influence du magnétisme solaire sur la couverture nuageuse et donc du climat. Le problème pour le GIEC est que le CERN a repris les travaux de Svensmark et est arrivé aux mêmes conclusions. Pour le coup, c’est impossible pour l’organisme Otanien de s’en prendre au deuxième plus gros laboratoire scientifique au monde. Au final, le GIEC demande de ne regarder que l’irradiance solaire qui est stable alors qu’il faut tenir compte du magnétisme solaire qui lui, varie.

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  3. Ping: Le rôle du Soleil dans le changement climatique / une évidence que refuse le GIEC – Qui m'aime me suive…

  4. Avatar de lepiaf18 lepiaf18 dit :

    Ou comment ce GIEC ne regarde et ne prend en compte que les événements qui servent les intérêts de ceux qui l’ont mis sur pied !

    Pas de véritable science chez ces gens là; on appelle ça du Lobbyisme; point !

    Bon si on regarde bien le résultat des Européennes de juin 2024, l’écologie punitive a mangé son pain blanc et si on regarde du côté des USA et de la COP 29 (mais quelle idée d’aller faire ça à Bakou, presque chez Poutine; quoique… !), les « accords de Paris ne sont plus qu’un lointain souvenir.

    Saloperie de réalité qui ne correspond pas au plan de cette engeance malfaisante !

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  5. Avatar de lepiaf18 lepiaf18 dit :

    Pour ceux qui ont un peu de mal avec l’anglais; ci-dessous texte de la conclusion de l’étude et sa traduction (avec correction, Google étant très approximatif !):

    « The IPCC (Masson-Delmotte et al., 2021) assertion that the
    warming observed since the pre-industrial period (1850–1900) is
    almost entirely due to anthropogenic emissions is based solely
    on the results of certain GCMs that assume that variations in solar
    activity can only have an impact on the climate through total solar
    irradiance (TSI) and solar spectral irradiance (SSI) radiative forcings. Furthermore, these GCMs use a radiative forcing function
    derived from the low secular-variability TSI proxy models proposed in the scientific literature (Matthes et al., 2017). This choice
    minimizes the solar component of climate change while maximizing the anthropogenic one. »

    « L’affirmation par le GIEC (Masson-Delmotte et al., 2021) que le
    réchauffement observé depuis la période préindustrielle (1850-1900) est
    presque entièrement du aux émissions anthropiques est basée uniquement
    sur les résultats de certains GCM qui supposent que les variations dans
    l’activité solaire ne peuvent avoir un impact sur le climat qu’à travers les forçages radiatifs d’irradiation solaire totale (TSI) et d’irradiation spectrale solaire (SSI). De plus, ces GCM utilisent une fonction de forçage radiatif dérivé des modèles proxy TSI à faible variabilité séculaire proposés dans la littérature scientifique (Matthes et al., 2017). Ce choix minimise la composante solaire du changement climatique tout en maximisant la composante anthropique. »

    Pour faire simple, cette étude met en évidence la manipulation de cette pseudo-scientifique.
    En fait c’est assez facile, comme ça; on prend ce qu’on veut dans la littérature qui traite du sujet; on occulte ce qui ne conduit as à ce qu’on veut démontrer et le tour est joué !
    Comme c’est quand même pas du niveau accessible à la masse populaire, ça passe crème !

    On est vraiment très très près de la fraude scientifique, là.

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  6. Avatar de Vivien Vivien DURIEUX de CAROLI Vivien Vivien DURIEUX de CAROLI dit :

    En Patagonie en Argentine les glaciers augmentent ainsi qu’en antarctique . En France dans l’Estérel on trouve de la bauxite démontrent les cycles de la terre et non un réchauffement de la planète décrit par les MERDIA à 90% à la botte de LA MAFIA F.M ILLUMINATI Windsor & Consort ROTHSCHILD .incarnée par DRACULA CHARLES iii et son SOUS PAPE FRANCOIS argentin PERSONA NON GRATA en ARGENTINE même mort « LE FOU DE CORDOBA » en Argentine, un kapo de LA MAFIA BOBO, ECOLO-WINDSOR & CONSORT ROTHSCHILD nos vassaux et concernant les WINDSOR par A.D.N nos parents mais pour nous nos vassaux ont RENDEZ-VOUS à NUREMBERG III et devant la C.P.I pour répondre de CRIMES CONTRE L’HUMANITE

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