Quand le système magouillait contre de Gaulle présenté comme fasciste : IV -ème République le retour

Les désistements entre les deux tours ont joué le même rôle que les apparentements sous la 4eme république. Un premier tour pour se compter par partis, un deuxième pour s’additionner et éliminer les opposants

Le système fut efficace contre De Gaulle entre 1951 et 1958

La corruption des institutions rend nécessaire une réforme institutionnelle et le passage à un système à un seul tour (à l’Anglaise

La loi des apparentements est une loi électorale mise en place en France à partir du 7 mai 1951 par les partis de la Troisième Force pour réduire l’influence du Parti communiste français et du Rassemblement du peuple français (gaulliste) à l’Assemblée nationale.

Pour les élections législatives du 17 juin 1951, la France était découpée en 103 circonscriptions électorales. Les apparentements étaient autorisés dans 95 d’entre elles et ont été utilisés dans 87 cas (dont 36 apparentements intégraux SFIO + MRP + RGR + Modérés, les autres apparentements étant doubles ou triples). La Troisième Force l’a finalement largement emporté (51,3 % des suffrages exprimés et 61,9 % des sièges en grande partie grâce aux apparentements), le PCF fut laminé (79 sièges en moins par rapport aux élections précédentes) et le Rassemblement du peuple français n’atteignit pas les 200 sièges, comme l’avait souhaité Charles de Gaulle

Régis de Castelnaud me réconcilie toujours avec la politique

IVe République, le retour.

Comment l’opération s’est-elle accomplie cette fois-ci. Tout simplement en recyclant la vieille méthode du père Queuille, celle des « apparentements ». Henri Queuille était un homme politique de la IIIe République parfaitement rompu à toutes les combines du parlementarisme. Il avait mis son talent au service de la IVe République. Avec la fameuse maxime suivante : « la politique ce n’est pas de résoudre des problèmes, mais de faire taire ceux qui les posent ». Terrorisé par le risque de l’arrivée au pouvoir promise au RPF de de Gaulle, évidemment présenté comme un fasciste, le monde politique de la quatrième lui avait demandé d’élaborer un système biscornu. Qui permettait aux candidats en lice de défendre évidemment les couleurs de leur parti mais également de s’apparenter à un autre. Et de récupérer ses voix dans un calcul proportionnel compliqué. Le piège de l’alliance cynique de la carpe et du lapin, fonctionna à plein et le général de Gaulle se retrouva le bec dans l’eau. La IVe République continuera à s’enfoncer dans le chaos jusqu’à amener le pays au bord de la guerre civile. Dont la France sera préservée par le coup d’état virtuose du général en 1958.

Cette fois-ci, les héritiers du père Queuille ont encore une fois utilisé la vieille technique du barrage pour s’opposer au retour du fascisme des années 30 soi-disant incarné par le RN. Avec cette fois-ci des désistements croisés de pseudo-adversaires, qui après s’être déchirés pendant deux ans et trois campagnes (législatives 2022, européennes et législatives 2024), vont passer en mode « embrassons-nous Folleville ». En demandant au pire gauchiste de tranquillement voter pour Darmanin et tous les gangsters qui entourent Macron, et aux soutiens de ceux-là de tout aussi tranquillement, voter pour un « antifa » fiché S. Et c’est ainsi que les couches populaires, ouvriers et employés qui votent massivement pour le RN et qui se sont mobilisées pour ce scrutin se sont retrouvés Grosjean comme devant. Pas sûr qu’ils apprécient, et que ce soit vraiment une bonne idée de leur rappeler une fois de plus, qu’ils n’ont pas voix au chapitre, et que s’ils bougent ce sera de nouveau le traitement infligé aux gilets jaunes, à base de violence policière et judiciaire.

Mais manifestement, grâce à la « gauche » Macron a une fois de plus réussi son coup. Porté au pouvoir par celle-ci en 2017, elle a veillé ensuite à systématiquement l’y conforter. Il vient de recommencer l’opération.

Il va maintenir Attal à Matignon pour l’été et en parallèle magouiller pour reconstituer son bloc central avec Faure, Roussel, Tondelier, Ruffin, Corbières, Autain. Qui vont rappliquer en courant la main sur le cœur, « que comment ils n’y vont pas pour trop défendre les intérêts des travailleurs. Mais attention, avec réalisme ». Petite incise autour de la polémique sur la conversation téléphonique de Fabien Roussel magouillant son ralliement à Macron. Nous ne savons pas si c’est réel, mais ce qui est probablement plus grave c’est que c’est plus que plausible.

Macron pourra poursuivre tranquillement son mandat et terminer la mission confiée par l’oligarchie : la destruction néolibérale de la France, et la mise en place de d’un techno-fascisme.

Mais heureusement, le 7 juillet la France a échappé au retour des soeurs zombres des années 30 de ces horribles ouvriers qui voulaient reconstruire les chambres à gaz.

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About pgibertie

Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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6 Responses to Quand le système magouillait contre de Gaulle présenté comme fasciste : IV -ème République le retour

  1. Avatar de Pierre Driout Pierre Driout dit :

    « Macron à tout prix ! » ; c’est le slogan tout à fait intime et honteux que se répètent les bourgeois bien de chez nous dans le plus profond du secret de leur coeur !

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  2. Ping: Les Français sous hypnose (depuis quand ? Panurge ? Tartufe ? Danton et Robespierre ? De Gaulle et sa chaîne unique ?) : elle maintient son macaron et mérite la palme du pays le plus hypnotisé (ou carrément abruti) du monde. Le prochain sera pire (G

  3. Avatar de nicolasbonnal nicolasbonnal dit :

    Vs avez écrit : de d’un techno-fascisme…

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  4. Avatar de lepiaf18 lepiaf18 dit :

    Bon apparemment ça n’a pas mis longtemps à « coincer ». Macron devrait changer de 1er Ministre avant le 18/07 (ou autour de cette date).

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  5. Avatar de lepiaf18 lepiaf18 dit :

    Au fait, si je me souviens de certains cours d’histoire, la Vè République c’est pas du De Gaulle pour De Gaulle; un truc juste taillé à sa main ? Bref un petit culte de la personne si on y regarde bien.

    Avec les politicaillons qu’on a depuis, pas étonnant qu’ils se réclament tous de lui, bien qu’ils ne lui arrivent pas à la cheville, en particulier sur la « droiture d’esprit ».

    De Gaulle n’a duré que 12 ans; mais ça fait 54 ans que ses successeurs usent des mêmes méthodes pour se maintenir au pouvoir. Nous avons là manifestement un effet de caste.

    De Gaulle est parti suite à un référendum à propos de sa personne, j’attends personnellement que Macron en fasse autant. Est-ce que je rêve?

    Et concernant notre « ami » Méluche »; elle est où sa 6è République ? Elle est où l’introduction des votes à la proportionnelle gage de représentation de tous les courants d’idées ? Bon soyons sérieux, personne n’en veut parmi la caste; ce serait se suicider que demander l’avis du Peuple.

    Conclusion, le système magouille toujours et on est toujours les dindons de la farce. Est-ce cela qu’on appelle… démocratie?

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