Non seulement l’entrée de l’Ukraine dans l’UE sera une tragédie pour les agriculteurs, mais tous les choix géopolitique depuis 10 ans nous ont gravement affaiblis à l’égard de la Russie

1 Les très mauvais choix à l’égard de la Russie
L’Europe est plus dépendante de Moscou sur le plan alimentaire aujourd’hui qu’elle ne l’était avant la guerre en Ukraine, étant donné que les États membres de l’UE ont remplacé leur dépendance énergétique par une dépendance aux engrais, a averti le PDG de l’entreprise chimique norvégienne Yara
« Nous ne serions pas surpris d’assister à des chocs [dans le secteur] », a-t-il ajouté.
Depuis les débuts de la guerre en Ukraine et les sanctions infligées à la Russie et à la Biélorussie, qui fournissaient 60 % des engrais de l’UE, les usines européennes ont notamment dû faire face à la flambée des cours du gaz, élément essentiel de fabrication des engrais.
Par conséquent, selon les données d’Eurostat, présentées en marge de la réunion, les importations totales d’azote dans l’UE ont augmenté de 34 % au cours de la campagne de commercialisation des engrais 2022-23 (juillet-juin) par rapport à la période précédente, les importations en provenance de Russie représentant environ un tiers du total.
Les importations d’urée (engrais azoté le plus utilisé au monde) ont augmenté de 53 %, doublant les volumes enregistrés en 2020-2021. Sur ce total, 40 % provenaient de Moscou. La tendanceest à la baisse pour la saison en cours, mais l’urée russe représente toujours près d’un tiers des importations totales.
L’Union européenne a interdit toutes les importations de potasse en provenance de Biélorussie, un engrais important dont la production est largement insuffisante en Europe. Cette mesure accentue la pression sur le secteur agricole, déjà confronté à une hausse du prix des intrants.
Blé en Afrique : comment la Russie a doublé la France
Traditionnellement leader sur ce marché céréalier en Afrique du Nord mais aussi très présent dans l’Ouest, Paris a été progressivement dépassé par un concurrent de taille : Moscou.
Le bras de fer diplomatique franco-russe connaît depuis quelques mois un virage commercial en terres africaines. Au Maroc, en Algérie, en Égypte ou encore en Afrique de l’Ouest, les exportations mensuelles de blé tendre français sont sur une tendance baissière pour la campagne 2022-2023,
La Russie domine les exportations mondiales de blé. Sa stratégie de conquête bouscule les ventes françaises.
Nombreux sont ceux qui ont découvert en 2022, avec l’intensification de la guerre en Ukraine, que le poids sur la scène agricole internationale de la Russie s’avère problématique. Le blé polarise non sans raison toute l’attention, puisque 20 % des exportations totales de cette céréale sont réalisées en moyenne ces dernières années par la seule puissance russe.
La Russie est assurément le pays dont le réarmement agricole aura été le plus spectaculaire depuis le début de ce siècle. En l’espace de deux décennies, Moscou a redressé un secteur productif pour à la fois retrouver de la sécurité alimentaire domestique et s’affranchir de certaines dépendances envers des pays qui lui fournissaient des produits agricoles en grande quantité. Elle a su conquérir aussi des parts de marché conséquentes sur la scène internationale, notamment avec le blé, illustration première de cette Russie redevenue surpuissante sur ces questions, qui retrouvent elles-mêmes une centralité stratégique dans les affaires mondiales
La reprise en main des affaires agricoles correspond à l’arrivée au pouvoir de VladimirPoutine en 2000. Dès le départ, il se donne comme but principal de restaurer la grandeur du pays, de remettre de l’ordre sur le plan intérieur et de retrouver de l’ambition sur le plan extérieur. Trois matières premières (pétrole, gaz, blé) font levier pour atteindre ces objectifs. Sur ce chemin, plusieurs étapes doivent être distinguées. La décennie 2000 est celle du développement agricole, bien aidé par la dévaluation du rouble en 1998, par l’ouverture aux échanges internationaux en perspective de l’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce (qui deviendra effective en 2012), mais aussi par une certaine euphorie économique, tant le prix haussier des matières premières est favorable aux intérêts russes et à l’enrichissement d’oligarques proches du Kremlin. Le PIB augmente ainsi de 7 % par an en moyenne, de 2000 à 2009. La production de blé double durant cette période, passant de 35 à 60millions de tonnes (Mt) par an. Néanmoins, la Russie demeure importatrice agricole, notamment pour les produits laitiers, les viandes et les fruits et légumes.
Une autre séquence démarre en 2009, avec la crise financière internationale, qui n’épargne pas Moscou. La Russie subit les variations du prix de l’énergie. Bien que leur cours soit également évolutif, les céréales offrent davantage de stabilité, même si les récoltes en blé connaissent elles aussi des difficultés. En 2010, confrontée à une sécheresse conséquente provoquant des feux interminables dans les campagnes, la moisson se dégrade et chute à 40Mt. Pour protéger sa demande interne, le pouvoir décrète un embargo à l’export, privant ainsi plusieurs pays importateurs de l’origine russe, à commencer par l’Égypte, qui traverse au même moment une crise sociopolitique majeure aboutissant à la destitution du régime autoritaire d’HosniMoubarak. À cette époque, plus des trois quarts des achats égyptiens en blé se font auprès de la Russie. Entre la décision politique du Kremlin, l’emballement du prix du blé sur les marchés mondiaux et la tension palpable dans la rue égyptienne à propos du manque d’accès au pain, il ne faut ni surestimer les liens de cause à effet ni omettre d’intégrer néanmoins ces problématiques pour comprendre les enjeux d’interdépendance céréalière qui s’étaient alors créés.
À partir de 2014, la stratégie agricole russe évolue au gré des vicissitudes de la scène internationale. Aux sanctions commerciales de Washington et de Bruxelles Vladimir Poutine riposte par un embargo à l’encontre des produits agricoles et alimentaires en provenance des États-Unis et de l’Union européenne, mais également de l’Australie et du Canada. Ce dispositif, toujours en vigueur, s’est depuis traduit par deux conséquences.
La fermeture du marché russe a déréglé plusieurs filières agricoles européennes. Résultat, cela a intensifié les concurrences intra-communautaires tout en provoquant l’essor de nouvelles relations agro-commerciales entre la Russie et certains fournisseurs (Turquie, Chine, Brésil, Maroc, Argentine), non malheureux de récupérer de tels marchés
. Ensuite, l’embargo établi par le Kremlin a renforcé la quête d’autosuffisance alimentaire russe, avec la nécessaire augmentation des productions animales, laitières et horticoles. Ce sera chose faite en quelques années, la Russie ayant diversifié son agriculture, moins dépendante des seules céréales. Outre la viande et les produits laitiers qui ont connu un essor considérable, il faut mentionner que la Russie est aussi devenue depuis 2017 le premier producteur mondial de betteraves à sucre et de framboises, deux exemples probants mais très méconnus.
Il apparait donc que cet embargo aura servi de détonateur au développement domestique russe tout en fragilisant les positions européennes. Celles-ci ont non seulement perdu un marché stratégique mais doivent depuis rivaliser avec un concurrent redoutable. Les sanctions occidentales ont donc stimulé l’agriculture russe, comme l’ont fait les subventions publiques, la science et les investissements privés, ayant permis de tirer plus de profits des terres agricoles dans le pays.
Pour le Kremlin, deux ruptures symbolisent cette percée souveraine et cette prise de pouvoir sur la scène internationale.
Longtemps déficitaire, la balance commerciale agricole est devenue excédentaire depuis 2018. Entre 2000 et 2014, le déficit de la balance commerciale agricole oscillait chaque année entre 10 et 20milliards de dollars.
Il s’est réduit après l’embargo avant de s’inverser grâce à des exportations en forte croissance, dont le montant dépasse 20 à 25milliards par an depuis 2018. Les céréales comptent pour 50 % de ces volumes, mais la Russie place aussi sur les marchés mondiaux de grandes quantités de produits de la mer, d’oléagineux et même des viandes de poulet et de porc.
Si le secteur agricole pèse bien moins que l’énergie et les métaux/minérais dans le total des exportations russes, il s’est installé comme 3eposte commercial, devant les ventes d’armement. Mécaniquement, dans l’expression de la puissance russe, les sujets agricoles se sont donc amplifiés. Pour VladimirPoutine et son entourage, ils symbolisent non seulement la capacité du pays à s’afficher souverain sur les biens essentiels mais représentent aussi un facteur d’influence croissant dans le monde en raison de l’augmentation de la demande alimentaire. La Russie inscrit cette dialectique en miroir d’une dynamique européenne où à l’inverse s’est installé un débat différent depuis le début de ce siècle à propos de l’importance du secteur agricole. Le Kremlin ne s’est d’ailleurs pas privé de faire marcher sa machine désinformationnelle pour accentuer les controverses dans l’UE.
2 entre l’Ukraine dans l’UE et l’agriculture, il faut choisir
Entre l’Ukraine dans l’Europe (+le Green Deal) et l’agriculture , il faut choisir : -2 milliards par an pour la France . Les Polonais ont compris l’origine du mal
Publié le 28 janvier 2024 par pgibertie
Les agriculteurs polonais sont descendus dans les rues à travers le pays pour protester contre le Green Deal européen, les politiques de l’UE qui nuisent à l’agriculture locale et l’afflux de produits alimentaires uk
Concernant l’Ukraine dans l’UE, le choix est vite fait.
Avant le conflit l’Ukraine ne cochait aucun des critères pour rentrer dans l’UE compte tenu du niveau de corruption, d’absence de démocratie et de l’apartheid exercé à l’encontre de la population Russophone.
Y a-t-il eu un changement depuis? La réponse est non et ce pays doit être au contraire tenu éloigné de toute perspective d’adhésion à l’UE. Les contribuables Européens n’ont déjà que trop donné pour enrichir les oligarques corrompus.
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Ça me rappelle le cinéma avec la Turquie du temps de SarKo !
Résultat la Turquie est passée du côté Chine+Russie.
Toutes ces manips ne sont qu’affairisme des mondialistes pour trouver de nouvelles zones de captation de richesses, les peuples ils s’en foutent; et l’UE est en plein dedans !
Ce qui est dramatique c’est qu’il semble qu’elle n’ait pas fait le bon choix.
Ah la vieille Europe ! Plutôt en décrépitude à ce qu’on peut constater, même sans la couverture des médias; les paysans, c’est partout dans l’UE que ça tousse; à part en UKR bien sûr; eux attendent les « Euros » !
Les Ukrainiens qui soutiennent Zelensky sont des idiots. Ce pitre a été propulsé au pouvoir par les USA; il n’est pas difficile de comprendre pourquoi.
Avec ce qui a été montré par quelques caméras indiscrètes des actions sur quelques barrages (des camions entiers de produits périmés ou non conformes aux normes UE…), il n’est quand même pas difficile d’ouvrir les yeux.
Il semblerait qu’à ce jeu de dupes, l’Emmerdeur en chef soit juste un peu… emmerdé !
Va-t-il lacher les CRS (les chiens fous de Darmanin, au risque de monter la foule encore un peu plus contre lui et de… perdre les prochaines élections avec ses « copains » verts, Socialos et Modem, ou au contraire aller à Bruxelles faire comprendre à VDL, avec d’autres de ses homologues, qu’il est temps de lâcher du lest ! Ce qui serait en fait reculer pour mieux sauter
Nos agriculteurs n’ont finalement qu’une issue; la révolte En sont-ils encore capables !
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