Les journalistes font disparaitre la dimension religieuse et veulent le transformer Noël en fête « écolo »

Et voilà, ça y est, l’habituelle propagande de fin d’année est de retour : à en croire le déferlement d’articulets d’une presse résolument écolo-branchouille, il faut absolument faire un effort pour que ce Noël soit davantage vert !

Car tout le monde sait que ce qui compte pendant ces périodes de fêtes, ce n’est pas de passer des moments essentiels et agréables en famille ou avec des amis, ce n’est pas de partager des repas, quelques cadeaux ou des marques d’affection, non ! Ce qui compte, c’est d’avoir un sapin qui ne pollue pas, des animaux de compagnie éco-contraints et un repas de fête à la facture carbone millimétrée

La notion même de Noël est désormais clairement énoncée comme devant être bannie puisqu’elle semble présupposer que tout le monde est chrétien.

A Nantes des « mères noel  » en jogging pour symboliser Noel…Liberation jubile…

Une crèche en une de Pris Match et les syndicats de journalistes hurlent à la mort…

C’est sur France Info et les journalistes préparent le terrain à un politicien socialiste reconverti en macroniste , du nom de Jean Viard . Il est omniprésent dans les média.

Après Onfray qui nie l’existence historique du Christ, Viard achève Noêl en lui enlevant sa signification chrétienne

Ni l’un ni l’autre ne sont historiens…

Marc Bloch écrivait : “Le christianisme est une religion d’historiens. »L’historien n’a pas à prendre parti quant à la réalité des exorcismes, des miracles et, a fortiori, de la résurrection. Or, pour l’historien, l’essentiel est ailleurs : les récits évangéliques, qui sont des récits de foi, contiennent-ils une vérité historique et quelle est cette vérité ?

Je ne peux qu’inviter à lire le Jésus de Jean Christian Petitfils. https://www.fayard.fr/livre/jesus-9782213726311/

Que la fête de Noêl soit associée au cycle de la nature et à la renaissance , c ‘est un fait. Mais la dimension religieuse a toujours été omniprésente: fête Solstice, fête de Mithra, de Sol Invictus puis fête chrétienne.

Ce n’est qu’au IVe siècle que le pape Libère instaura la solennité de la Nativité, afin de christianiser la fête du solstice d’hiver. Jésus n’est pas né le 25 décembre de l’an I, comme le veut la tradition. Selon Matthieu et Luc, il serait né au temps du roi Hérode. Or, celui-ci est mort en l’an 4 avant notre ère. C’est par suite d’une erreur de calcul d’un moine du VIe siècle, Denys le Petit, que la date de l’an I a été arrêtée…

L’important, pour les chrétiens d’aujourd’hui, est de célébrer Noël comme la fête de l’Incarnation du Dieu d’Amour et, donc, de l’espérance du Salut donné à l’humanité. C’est ce que les théologiens appellent la kénose, l’enfouissement de la condition divine dans la plus humble et merveilleuse figure d’un nouveau-né totalement innocent.

Nazareth était un petit village de quelques maisons, éloigné des grands axes de circulation. Joseph, père adoptif de Jésus pour les chrétiens, n’était ni un paysan ni un ouvrier du bâtiment, comme certains l’ont dit, mais un artisan, un technicien du bois (tektôn en grec), ce qui le situait dans une catégorie sociale un peu plus élevée. Il est possible qu’il ait été considéré comme l’héritier du clan davidique, d’où devait naître le Messie. Une des grandes difficultés de Jésus, au cours de son ministère public, sera précisément de lutter contre son identification à un messie politique et guerrier dont tout le monde rêvait pour chasser les Romains.

Quant à Marie (Myriam en hébreu ou en araméen), elle appartenait très probablement au même clan davidique que Joseph. Ses parents, Anne et Joachim selon le Protévangile de Jacques (un apocryphe chrétien du IIe siècle), semblent avoir habité Sepphoris, la ville la plus proche du minuscule Nazareth. Les mariages étaient arrangés entre familles et il était presque impossible de déroger à ces habitudes contraignantes. Comme l’écrivait au IIe siècle Hégésippe, juif converti qui a recueilli de précieux détails sur la famille de Jésus, «Marie apparaît être de la même tribu que Joseph car, selon la loi de Moïse, il n’était pas permis de se marier dans d’autres tribus que la sienne». Ce n’était pas une simple fille d’Israël. Descendante de David, nourrie de l’Ecriture sainte depuis sa tendre enfance, elle connaissait la promesse faite à son royal ancêtre par l’intermédiaire du prophète Nathan: «Ta maison et ta royauté dureront à jamais devant moi.» D’où, pour les chrétiens, le fiat de Marie à l’annonce de l’ange. Le Seigneur, chante-t-elle dans le Magnificat, s’est souvenu «de sa miséricorde, selon qu’il l’avait annoncé à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa postérité à jamais».

La naissance de Jésus au village de Bethléem, la «ville» de David, rapportée par les Evangiles de Matthieu et de Luc, est très possible. Jésus, en effet, appartenait à un petit clan juif, les Nazôréens, revenus d’exil au second siècle avant notre ère, qui prétendaient descendre du roi David. Ces gens, qui attendaient la naissance en leur sein d’un messie, comme l’avait prophétisé Isaïe («Un rejeton sortira de la souche de Jessé…»), avaient fondé en Basse-Galilée un village appelé Nazara (Nazareth), de netzer, le «surgeon» (autrement dit le «rejeton» de Jessé, père de David).

Le recensement de Quirinius, gouverneur de Syrie, évoqué par Luc pour justifier le déplacement de Marie, enceinte, de Nazara à Bethléem, pose, en revanche, quelques difficultés chronologiques, car cette opération à caractère fiscal ne date que de l’an 6 de notre ère. Il s’agit sans doute d’un recensement antérieur, commencé en 8 avant notre ère et qui dura deux ou trois ans. Notons que ce n’était certainement pas un édit impérial visant «toute la terre», comme l’écrit Luc avec emphase.

Quant au lieu exact de la naissance de Jésus, saint Justin, Palestinien de Naplouse, est le premier, vers l’an 160, à parler d’une grotte vénérée proche de Bethléem que l’empereur Hadrien avait profanée quelques années auparavant: «Comme Joseph n’avait pas où loger dans le village, il s’installa dans une grotte voisine de Bethléem, et c’est pendant qu’ils étaient là que Marie enfanta le Christ et le plaça dans une mangeoire.»

L’historien, naturellement, ne saurait se prononcer sur ce qu’on appelle la naissance virginale de Jésus, affirmée dans le Nouveau Testament, le Symbole des apôtres, le Credo de Nicée-Constantinople et admise même par Luther et Calvin. Le fait est que cette donnée, plus gênante que valorisante, a embarrassé les premiers disciples du Christ comme pouvant laisser croire à une naissance illégitime de leur maître. Durant sa vie, les adversaires de Jésus ne se privèrent pas de l’accuser d’être «né de la fornication». Longtemps on a pensé que dans la tradition juive, la virginité d’une femme était perçue de façon négative («Croissez et multipliez…», dit la Bible), jusqu’à la découverte en 1967 par un archéologue israélien, Yigael Yadin, d’un texte provenant des manuscrits de la mer Morte, dans lequel il est question de vierges consacrées et de vœu de virginité perpétuelle à l’intérieur même du mariage: si une jeune fille «se lie elle-même dans la maison de son père par un serment», le mari peut la désavouer et la relever de son engagement. Elle en sera alors tenue quitte. S’il se tait, cet engagement demeurera toujours valable. Est-ce la situation à laquelle fut confronté Joseph, l’époux de Marie, qui, nous dit l’Evangile de Matthieu, avait résolu de la répudier en secret?

Le terme de «frères de Jésus», que l’on trouve dans les Evangiles, ne signifie pas nécessairement frères de sang mais, comme l’observe saint Jérôme, membres de la proche parenté. En hébreu et en araméen, ‘ah (ou hâ) veut dire en effet indifféremment frère de sang, demi-frère, neveu ou cousin. Ceux qu’on appelle dans les évangiles les «frères de Jésus» étaient, au moins pour deux d’entre eux, Jacques et Joseph, des cousins germains de Jésus, fils d’une certaine Marie de Clopas, qui aurait épousé le frère de Joseph, père adoptif de Jésus. Pour les autres, Syméon et Jude, il s’agirait de cousins plus éloignés, beaucoup plus jeunes que lui (Syméon mourra au début du IIe siècle, vers l’an 105). A aucun moment dans les évangiles, Marie, mère de Jésus, n’est présentée comme une femme ayant eu plusieurs enfants. A sa mort, Jésus la confie à Jean l’évangéliste, le disciple bien-aimé, ce qui aurait été inimaginable si elle avait eu d’autres enfants: «Femme, dit-il, voici ton fils» et au disciple: «Voici ta mère». Notons d’ailleurs que si Marie avait donné naissance à une ribambelle d’autres enfants, elle aurait été dispensée du pèlerinage annuel à Jérusalem. Or, on la voit l’accomplir en compagnie de Joseph et du seul Jésus, alors âgé de douze ans (Luc 2, 41-50).

Hérode le Grand, roi de Judée sous le règne duquel naquit Jésus, n’était pas seulement le plus prodigieux bâtisseur de l’Antiquité, dont le génie architectural, à la mesure de sa folie des grandeurs, a transformé les paysages d’Israël, mais un tyran cruel rêvant de se faire reconnaître par le peuple juif comme le Messie. L’épisode du massacre des Innocents, une dizaine ou douzaine d’enfants de Bethléem, est fort possible, vu la psychopathie paranoïaque du personnage qui fit décapiter notamment l’une de ses femmes, son frère, sa belle-mère, deux de ses fils et nombre de ses officiers…

Des tablettes cunéiformes, découvertes à Sippar en Mésopotamie, attestent qu’en l’an 7 avant notre ère une conjonction très rare des planètes Jupiter (symbole de royauté) et Saturne (symbole d’Israël) s’était manifestée à trois reprises dans la constellation des Poissons (symbole d’Amarru, le pays des Amorrhéens, Syrie et Judée). Le calcul astronomique moderne est venu confirmer cet événement. Or, Matthieu, à propos de l’étoile des mages, parle d’un astre qui apparaît, disparaît puis réapparaît… Cela semble coïncider. Jésus serait donc né en – 7. A noter aussi qu’au XVIe siècle, le rabbin portugais Isaac Abravanel, qui, comme tout maître juif, attendait le Messie, annonçait sa venue lorsque se produirait dans le ciel une telle conjonction planétaire.

Si on descend dans la rue, et qu’on demande à quelqu’un, c’est quoi Noël, chez les chrétiens, peu de chance qu’on ait quelqu’un qui nous réponde que c’est la naissance de Jésus. Il y a quand même une sécularisation de notre société. La dimension religieuse s’éloigne et les pratiquants des autres religions fêtent aussi Noël, à leur manière ?

En partie, pas tous, il y a des musulmans qui ne le fêtent pas. Mais oui, bien sûr, c’est pour ça qu’il faut garder le sens, et les chrétiens sont venus rajouter la naissance de Jésus à ce moment-là, parce qu’avant, c’était déjà le moment de la naissance dans les cultures asiatiques, la fête du Têt, par exemple, donc partout, on célèbre la vie qui revient. Et les chrétiens sont venus mettre Jésus dans cette étable entre l’âne et le bœuf, parce que c’était le moment de la naissance, ils ont récupéré la symbolique, si on peut dire. Et aujourd’hui, effectivement, la symbolique diminue, mais reste l’enfance, la naissance, reste la vie.

L’enfance et les cadeaux, Noël, c’est quand même synonyme de fête de famille, synonyme de cadeaux. Et là, les pratiques changent aussi. Le marché de seconde main progresse. Les attentes changent, moins de consommation, peut-être différemment ?

D’abord, il y a moins d’enfants : le marché du jouet a perdu 10% de ses clients, parce que pour qu’il y ait des jouets, il faut qu’il y ait des enfants. Et effectivement, le cadeau d’occasion progresse énormément et surtout, il devient tendance. On ne va pas cacher qu’il est d’occasion, et on va le dire comme un acte de fierté, parce qu’on va donner un sens écologique à ça, et puis aussi le fait que le jouet a déjà servi. Il incorpore, j’allais dire, l’amour des enfants qu’il y avait avant. C’est vrai aussi pour les vêtements.

Donc cette dimension écologique, on va dire les gens consomment moins à cause de l’inflation, et pour certains, c’est malheureusement extrêmement vrai, bien sûr, mais pas seulement. Je pense qu’il y a aussi un mouvement, et Noël pourrait devenir la grande fête d’une société écologique où on fait des enfants, parce qu’on a confiance dans l’avenir, et en même temps, on consomme moins, parce qu’on est conscient que ça produit du carbone.

Afin de plaire au plus grand nombre et de refléter la diversité de Berlin, une crèche de Noël est organisée cette année à Friedrichshain, à laquelle les féministes et les queers peuvent également s’identifier. #weihnachten #weihnachtsgeschichte #berlin

https://twitter.com/i/status/1654921627581181952

https://www.lefigaro.fr/vox/religion/2016/12/23/31004-20161223ARTFIG00191-que-sait-on-de-jesus-de-nazareth-le-grand-decryptage-de-jean-christian-petitfils.php

https://www.tiktok.com/@lapatienceyt/video/7315829373146238240

https://youtu.be/g_01LrXQmPo

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Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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10 Responses to Les journalistes font disparaitre la dimension religieuse et veulent le transformer Noël en fête « écolo »

  1. Avatar de livyne livyne dit :

    Merci. Joyeux Noël à vous tous.

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  2. Avatar de paul paul dit :

    on s’en tape de la religion , c’est le solstice d’hiver et rien d’autre , l’autre végan noir homo n’est jamais nés

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  3. Avatar de Stanislas Stanislas dit :

    Ca va sûrement surprendre mais en tant que vieux fragile et vulnérable, donc de la génération d’avant, j’ai suivi le conseil de la ptiote sans le savoir : mon Noël je l’ai fait verre.

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  4. Avatar de Stanislas Stanislas dit :

    En revanche dans la famille on ne se fait offrir un cadeau pour le revendre le lendemain, parce qu’on estime que ce ne serait pas très catholique

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  5. Avatar de K2r K2r dit :

    Ils ont déjà perdu la dimension éthique et informationnelle. Pour eux, Noël c’est foie gras et dinde. Point.

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  7. Avatar de YvesM YvesM dit :

    Merci M.Gibertie on apprend toujours avecvous. Bonnes fêtes de fin d’année

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  9. Avatar de wp113741b06329d wp113741b06329d dit :

    Homo Moderna (KillBill, si tu nous lis) ne peut se satisfaire de superstitions aussi vagabondes qu’un Jésus païen.

    Allons-nous devoir compter les siècles et les années à partir de la naissance de KillBill parce qu’il parviendrait à défaire le Jésus chrétien ?

    Ben ! voyons …

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