Au secours Robespierre est à la mode!

Jean-Lun

« Les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les prendrons » aurait dit Lénine. La citation s’applique merveilleusement à tous les bobos qui trouvent merveilleux  l’héritier testamentaire de Maximilien Robespierre, je veux dire Jean Luc Mélenchon . L’homme  est intelligent, il a des convictions mais mesure t on  le danger et le sectarisme de ses propositions ?

Face au vide macronien , il inspire à juste titre le respect mais pour les démocrates, il n’en reste pas moins un adversaire dangereux. L’exemplarité, c’est cette belle gueule parfaite qui cache un profil terrifiant. Dès que vous plaquez vos valeurs aux autres, la dictature est proche. J’incite  à la critique des tenants de la transparence dont l’idéal politique inconscient ne serait que la … « dictature « . Une dictature de forme orwelienne !

Danton était corrompu mais l’histoire lui rend justice face au vertueux Robespierre.

Daniel Cohn-Bendit moque l’appartenance passée de Jean-Luc Mélenchon à une « secte » trotskiste. Selon « Dany », le patron du Parti de Gauche n’aurait jamais changé de mentalité :

« Je dirai une chose méchante. Une fois trotskiste, toujours trotskiste. Vous savez, il faisait partie de la secte la plus débile : l’OCI. Il y a des gens qui ont pu être dans leur jeunesse un peu débile. Ça peut arriver à tout le monde, même à moi. Mais lui il n’a pas changé. Il est resté dans la même structure mentale. Et puis il est très désagréable. Vous savez, l’histoire de Périgueux où le parti du Front de Gauche exclut une tête de liste pour les municipales parce qu’il avait pris un verre avec un copain de trente ans qui est à l’UMP ( Yves Guéna)… Vous vous rendez compte, on n’a pas à boire un coup avec l’ennemi de classe. […] Mélenchon a une vision autoritaire de la vie et de la politique. […] Il est scotché dans les années 30. […] Mélenchon au pouvoir, il mettrait tous les Mélenchon en taule, ceux qui manifestent, qui disent “Résistance”, etc. ».

S’il faut en croire les militants du PCF, Mélenchon serait imbuvable et prétentieux. Une chose est certaine Mélenchon rêve d’un nouveau scénario  1789 /94, d’une nouvelle révolution, d’une constituante, d’un changement de politique.

Mélenchon se réclame ouvertement du père de la grande Terreur, Robespierre. Le site humoristique Gorafi  l’avait justement moqué. «  Jean-Luc Mélenchon fait une étonnante révélation. Dans un nouveau billet sur son blog, l’homme politique explique ainsi être la seule et véritable réincarnation de Robespierre. »

Dans un célèbre discours du 5 février 1794, Robespierre  en appelle à la terreur pour sauver la Révolution menacée de l’intérieur comme de l’extérieur et lui donne une justification inattendue : « La terreur n’est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible ; elle est donc une émanation de la vertu ; elle est moins un principe particulier qu’une conséquence du principe général de la démocratie, appliqué aux plus pressants besoins de la patrie «

Face à la défiance ambiante, le candidat Mélenchon  décline dans son nouvel ouvrage un « principe d’action » guidé par l’intérêt général. Titre évocateur : « De la vertu »

Inquiétant car c’est au nom de la vertu que l’on assassine toujours…Les filous sont rarement des criminels, les « vertueux » presque toujours.

Revenons-en à Robespierre

Jean luc Mélanchon

Louis Madelin

« Le 16 germinal an II, Jacques Danton montait à l’échafaud avec ses « complices ; » le 4 du même mois, Jacques Hébert et sa « bande » avaient péri. Seuls, depuis le lamentable effondrement des Girondins, Hébert et Danton gênaient, à des degrés divers, l’omnipotence de Robespierre. Leur sang semblait donc pour longtemps cimenter le pouvoir de Maximilien et je peux dire son sacerdoce ; ce sang impur n’était-il pas offert en holocauste à l’Etre Suprême, trop longtemps offensé par l’athéisme et l’immoralité de ces scélérats ? Les « victoires » du 4 au 16 germinal, ne nous y trompons point, ne sont pas seulement celles d’un homme, ni même d’une politique : voyons-y le passager triomphe d’une secte religieuse. Désormais la « Vertu » l’emporte et, avec elle, Dieu ressuscita. Jusqu’au 9 thermidor, quatre mois durant, la France va connaître le gouvernement le plus singulier et d’ailleurs le plus effroyable, celui qui fera rouler des têtes au nom d’une mission divine.

Certes, depuis plus de huit mois, Robespierre semblait l’homme le plus puissant du pays. Après avoir, avec l’appui de Danton, précipité les Girondins du pouvoir, il avait, le 10 juillet 1793, fait éliminer Danton du Comité de Salut public où un instant celui-ci avait paru régner ; Maximilien y avait prudemment, — c’était sa façon, — fait entrer ses amis, puis le 27 juillet, la majorité lui étant assurée, s’y était fait élire. Et depuis lors, il semblait, de cette célèbre salle verte du Pavillon de Flore, où besognait le terrible Comité, dominer la Convention et le pays.

Il s’en fallait cependant qu’avant le printemps de 1794, il pût tout diriger. Il avait dû assister presque impuissant aux « intrigues des factions » et presque à leur triomphe. Plusieurs fois, la Convention avait failli faire rentrer Danton au Comité et sa faction d’indulgens ; par ailleurs, Maximilien avait dû, la rage au cœur, accepter cet opprobre : le triomphe momentané de la faction des exagérés, ces Hébertistes transgressant les dogmes qui lui étaient chers et froissant ses sentimens les plus intimes. Enfin, des provinces où ils desservaient sa politique, les proconsuls l’avaient presque bravé, des « pourris » par surcroît, que son incorruptibilité vomissait et que soutenaient les « factions » de Paris.

Le « règne de la Vertu » ne s’établit donc pas en un jour et il importe de voir de quelle réaction la redoutable dictature parut le fruit : l’Eglise robespierriste avait été militante et même souffrante, avant d’être, pour une heure, triomphante.

 

Eglise ! Le mot s’impose à nous, mais il avait déjà cours. Son chef et ses apôtres suffisent à marquer d’un caractère vraiment sacerdotal cette singulière confrérie.

Interrogeait-on sur Robespierre un des séides qui l’entouraient, il répondait : Maximilien est l’homme de la vertu.

Il était l’homme de la vertu : probe, chaste, moral, il avait, de l’aveu de Danton, étonné, « peur de l’argent ; » il avait plus peur encore de la femme, et, en ayant la peur, il en avait la haine. Cette phobie était avérée : si, en décembre 1793, une « patriote » pourtant pure, Emilie Laroche, plaide près de lui la cause de Hérault de Séchelles, on écrit : « Il n’y fera pas attention : c’est d’une femme. » Bien au contraire, telle intervention suffirait à perdre le bel Hérault, spécialement haï parce que lui, au contraire, pratique la femme. On dira de Maximilien qu’il est « un prêtre : » par certains côtés il semble plus : quelque moine fanatique persuadé que la femme est « la bête de perdition » destinée à dégrader l’homme et à le faire tomber : il n’a ni épouse ni maîtresse ; il méprise qui se laisse conduire par la maîtresse ou l’épouse : Danton, Hébert, Desmoulins, Tallien, Barras, Fréron encourent à bien des titres sa rancune, mais il déteste spécialement en eux des hommes « avilis » que conduisent des femmes. Mme Roland l’a littéralement exaspéré : nul n’a plus contribué que lui à mener à l’échafaud l’héroïque Manon. C’est lui qui, d’ailleurs, y jettera Lucile Desmoulins qui l’a longtemps cru son ami, et la « veuve Hébert, » après la « veuve Capet. » Et c’est lui encore qui, à la veille de Thermidor, y acheminera, avec une sorte de joie cruelle, cette belle fille de Thérézia Cabarrus, la maîtresse de Tallien. Si, de sa prison, elle réclame moins de gêne : « Qu’on lui donne un miroir, » ricanera-t-il. Et on sent passer, dans cette raillerie, la haine de cette beauté féminine qui a stupidement ensorcelé Tallien, hier « pur. » Il n’est pas jusqu’à sa sœur Charlotte qu’il n’ait, d’une main froide, écartée de sa vie. Pour la première fois, ce pays de France, sentimental et rieur, est gouverné par un ennemi de la femme et du rire.

Il n’est pas laid cependant, ce Maximilien : les demoiselles Duplay, dont il est l’hôte, le trouvent charmant et le lui font bien voir ; la citoyenne Jullien dont, à la vérité, les lettres sont celles d’une fanatique du prophète, lui trouve « les traits doux ; » et, de fait, aucun portrait ne révèle « la figure de chat » dont parle aigrement Buzot. Son portrait par Danloux nous présente un jouvenceau élégant, à la taille mince, aux traits à la vérité un peu forts, le nez et les lèvres trop larges, mais, en dernière analyse, de physionomie fort peu antipathique. Les yeux, sans doute, clignotaient derrière des besicles bleues ; c’était, disait-on, pour ne se point laisser pénétrer : au demeurant, d’une correction parfaite, les cheveux frisés, poudrés, les joues toujours soigneusement rasées, le petit corps maigre bien pris dans une redingote bleue ou marron qu’il porte sur la veste de casimir, chemise brodée à jabots, manchettes toujours blanches, ce sans-culotte se culotte de soie, trop fier pour sacrifier au débraillement républicain. Jusqu’au bout, les effets resteront sans taches, jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à cette horrible matinée du 10 thermidor où il viendra s’échouer, éclaboussé de sang et d’ordure, en lambeaux, sur la table du Comité de Salut public, en attendant l’échafaud : « habit de drap de Silésie taché de sang, » lit-on dans l’inventaire du greffe. Sa chambre aux rideaux bleus, son cabinet, où il peine cependant (car sa littérature sent l’huile), sont toujours bien rangés, — remplis d’ailleurs (plusieurs témoins signalent ce trait) de ses portraits et de ses bustes : on y voit Maximilien « sous toutes les formes. »

Le trait est à retenir. Maximilien est avant tout personnel. Nul n’a porté plus haut l’orgueil d’être soi. « Vertueux, » il a reçu du Très-Haut mission de faire régner la vertu. Infortune affreuse, voici la France aux mains d’un de ces terribles missionnaires qui sévissent de temps à autre pour écraser « les impies » et les « corrompus, » les « Amalécites, » disait Cromwell, bref les « non-conformistes. » Ce sont les pires tyrans. A une mission surnaturelle la nature même doit être sacrifiée : Robespierre lui sacrifiera tout, et d’abord l’amitié, la reconnaissance, la tendresse. De Camille Desmoulins, son vieux camarade de Louis-le-Grand, à la petite Lucile au mariage de laquelle il a servi de témoin ; de Brissot, avec lequel il a probablement grossoyé chez le procureur, à Danton dont il sait fort bien qu’il fut un loyal compagnon de luttes, il n’hésitera jamais à jeter un ami sous le couperet. Sa sœur put penser qu’il l’y voulait envoyer. Au fond, il n’aimait personne, parce qu’il se vénérait.

« Etre atroce qui ment à sa conscience, » a écrit de lui la vindicative Manon Roland. Non ! Il obéit, au contraire, à sa conscience ; pénétrée de sa mission, cette conscience lui commandera la calomnie (contre les Girondins notamment) et jusqu’au faux (s’il s’agit de perdre un Hérault de Séchelles contre lequel il forge une pièce) : c’est qu’il ne s’agit point aux yeux de Maximilien de frapper un ennemi personnel : son ennemi est « l’ennemi de la vertu. »

D’ailleurs, aucun doute : s’il incarne la vertu, il tient la vérité. D’où une sorte de sérénité : celle d’un prêtre infaillible : le caractère frappe, dès 1792, qui l’approche. « Robespierre est un prêtre, » a-t-on écrit alors (probablement le mot est-il de Condorcet) : un prêtre et presque un prophète du nouveau Millénaire. « Il y avait en cet homme-là du Mahomet et du Cromwell, » dit un conventionnel. Du pontife il a l’impassibilité. Certes, il n’est pas immuable, étant, ainsi que l’écrivait récemment un excellent historien, M. Sagnac, « grand opportuniste ; » il n’est pas immuable dans ses attitudes, mais il l’est, au fond, dans l’idée maîtresse de sa vie. Il y croit sincèrement, et sa force est dans sa sincérité. Il n’est pas l’ « hypocrite raffiné » que Bossuet a flétri en Olivier Cromwell. Se tenant pour l’homme de la Liberté, de la République, de la Révolution, il estime en toute candeur que quiconque lui fait obstacle est l’ennemi de la Révolution, de la République et de la Liberté. Or lui fait obstacle quiconque excite sa « bilieuse jalousie : » qui a plus de talent et de succès, plus d’audace et plus d’entregent, lui porte nécessairement ombrage. Sa jalousie inquiète multiplie ses ennemis : ce sont ceux de la Patrie. Celui qui n’est pas avec lui est contre elle.

 

Le prophète proclame des dogmes. Tout d’abord, la Terreur soutenant la Vertu et la Vertu justifiant la Terreur. Le 25 décembre, le dogme fondamental a été proclamé par le pontife infaillible. « Le ressort du gouvernement populaire dans la paix est la Vertu ; en révolution, il est à la fois la Vertu et la Terreur. » Certes, il n’a inventé ni le système ni le mot. Dès le 5 septembre, « les sections de Paris » sont venues demander qu’on « plaçât la Terreur à l’ordre du jour » et, depuis l’été de 1793, Fouquier-Tinville expédie à Sanson « gros et petit gibier. » Ce n’est cependant que du jour où la doctrine a été proclamée par l’Incorruptible sainte, pure et indiscutable, que « l’activité du tribunal » a redoublé. Alors commencent les belles fournées de l’hiver de l’an II qui deviendront « magnifiques » une fois les Indulgens supprimés en germinal (155 victimes en germinal, 354 en floréal), et formidables, quand la loi de Prairial, qu’on peut appeler la loi Couthon-Robespierre, permettra à l’accusateur public d’envoyer, en quarante-sept jours, 1 366 « cliens » au « rasoir national. »

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http://vk.com/video190796324_170879638

 

Les mélenchoniens font leurs les écrits des historiens staliniens et réhabilitent Robespierre :

En réponse, il faut affirmer que jamais il n’y eut de dictature de Robespierre, ni même du Comité de Salut Public, qui était un « gouvernement révolutionnaire » collégial et révocable. Robespierre défendait l’idée d’un régime totalement parlementaire et en 1794, la Convention discutait et validait toutes les décisions importantes. Elle était libre à tout moment de changer la composition des comités. Quant à « la Terreur », terme ambiguë historiquement, elle ne peut être mise que sur son compte. Il s’agit d’un ensemble de mesures d’exceptions, votées à l’unanimité de la Convention, que Robespierre jugeait « inséparables de la vertu », et appliquées dans un moment particulièrement difficile. Sans elle, nul doute que le pays aurait été dépecé par les coalisés et occupé, et la République balayée.

Ce que reproche en réalité la droite de 2013 à Robespierre est qu’il fut un pionnier du partage des richesses. Dès 1789, il intervint à l’Assemblée en refusant tous les traitements sécuritaires des émeutes de la faim et appelant « à remonter à la source du mal, à découvrir pourquoi le peuple meurt de faim plutôt que l’égorger quand il s’attroupe ». En 1790, il défend « la propriété du peuple ». En 1792, il développe une critique de la liberté du commerce et affirme le droit à l’existence comme le premier des droits de l’homme. Pour lui « toute spéculation mercantile qui se fait au dépend de la vie de son semblable, n’est point un trafic, c’est un brigandage et un fratricide ». En 1793, il proclame : « les dangers intérieurs viennent des bourgeois, pour vaincre les bourgeois, il faut rallier le peuple ». En 1794 il affirme : « Quand l’intérêt des riches sera-t-il confondu avec celui du peuple ? Jamais ! ». C’est ce Robespierre là, « l’incorruptible » sensible à la question sociale, que déteste encore la droite. Pour elle, cette dimension de la Révolution française, si brûlante d’actualité, doit être effacée ou calomniée

Mélenchon Robespierre séduit l’adversaire et fait un tabac à l’Essec, jouant admirablement sur ses qualités de tribuns et sur l’inculture historique de l’auditoire :

 

 

« M. Mélenchon séduit son auditoire, donne un cours de philosophie politique et développe son programme. L’Assemblée constituante fondatrice de la VIRépublique qu’il appelle de ses vœux ? « Une stratégie révolutionnaire, pas juste un arrangement », prévient-il. Il en profite pour critiquer cette « monarchie présidentielle » qui, « à l’époque du pognon généralisé », abrite cette « corruption qui petit à petit se généralise à un point que les gens ne se rendent même plus compte que ce n’est pas normal d’être parlementaire et d’être le dirigeant d’une société de conseil qui se fait payer par des grands groupes ». François Fillon, pour ceux qui n’auraient pas compris. »

Sa stratégie européenne ? Il rappelle sa formule provocatrice : « L’Europe, on la change ou on la quitte. »
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/03/23/a-l-essec-melenchon-fait-son-show-devant-les-suppots-du-capitalisme_5099373_4854003.html#YkVgeZgmCvbRz3Rf.99

Qu’importe le programme, Mélenchon veut la peau des grandes écoles, les niais applaudissent…

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