rapprochement ESCP NOVANCIA?DEVELOPPEMENT MASSIF DES BBA A L EDHEC ET A LYON/ L AGONIE DU MODELE FRANCAIS DES GRANDES ECOLES
Pourquoi cette frénésie de rapprochement , cette multiplication de bba destinés à une augmentation considérable des effectifs?
Que cherchent les écoles? N’ y a t il pas des risques de dilution des diplômes?
LE MODELE DES GRANDES ECOLES vit il ces dernières années? comment réagiront les diplômés qui ont beaucoup travaillé et payé très cher des formations élitistes?

les explications de fond sont ici:
téléchargez le pdf GRATUIT en cliquant sur le lien ci dessous
https://pgibertie.com/wp-content/uploads/2016/05/guide-critique-des-ecoles-de-commerce.pdf
Les cursus de formation conduisant à un diplôme de grande école ont toujours été onéreux. Les deux premières années de la filière en prépa sont le plus souvent gratuites. Il en va de même si l’on passe par un bts ou un premier cycle universitaire. Ensuite suivent le concours et les trois ou quatre ans d’école. L’école est payante et là il faut traditionnellement compter autour de 35 000 euros de frais de scolarité ; Le recours à un emprunt, une année de césure, des stages rémunérés peuvent permettre traditionnellement de faire face à ces frais.
Malheureusement les choix récents de plusieurs écoles remettent en question le scénario ci-dessus.
Les frais de scolarité de certains programmes grandes écoles se sont envolés : 45000 euros pour l’EDHEC ou Lyon ….
Plus grave La base du système traditionnel de recrutement, les CPGE, est-elle aussi contestée. Le modèle ( bba) est un premier cycle payant de quatre ans , organisé par les écoles et préparant aux concours.
Le modèle est plus sexy que deux années de prépa de BTS ou de fac … séjour en bande dans les campus de l’école, auberge espagnole et séries américaines garanties. Qu’importe si le dit BBA ne délivre aucun grade de licence, l’espoir est bien d’intégrer le programme Grande école ;
Problème les années bachelor coutent cher, très cher, jusqu’à 46000 euros auxquels il faudra rajouter ensuite le coût du dit programme grande école soit un total pouvant atteindre 90 000 euros
Le gonflement des effectifs du programme grande école n’est pas sans risque de dilution de la notoriété du diplôme surtout si les nouveaux diplômés venus des BBA et des campus ensoleillés sont bien différents des anciens issus de prépa. Le souhait du directeur de Lyon de multiplier par quatre les effectifs peut déstabiliser …
Ces écoles se veulent globales, leur obsession, sortir du modèle traditionnel
Dans le modèle américain le programme grande école n’existe pas, la notoriété se joue ailleurs, il en sera sans doute de même en France
Il y a une multitude (2000 institutions en délivrent ) de bachelors (undergraduate)couteux et médiocres au terme desquels on intègre le marché du travail. Mais il y a surtout des formations très sélectives qui recrutent après plusieurs années de vie active et après des cursus fort variés des étudiants venus de partout. Ces formations (postgraduate)sont les FULL TIME MBA et dans une moindre mesure les exécutive MBA
http://www.ft.com/intl/business-education/mba
Aujourd’hui en France , américanisation semble bien avancée avec des centaines de bachelors de qualité fort inégale et le développement de formations post graduate MBA
Tout le monde connait Harvard , WARTON , La LSE. L’hexagone dispose de quelques GLOBAL MBA très réputés. Ceux de l’insead sont pour le Financial Time le meilleur au monde mais l’insead n’a ni BBA ni programme grande école , pas plus que HARVARD,
On notera la très bonne place des MBA de Hec , une école qui se développe de plus en plus en post graduate et qui n’envisage pas de BBA de faire exploser les effectifs du programme grande école.
Pour toutes les autres écoles hexagonales la notoriété de leur MBA est à construire .Certaines sont certifiées AMBA et ont bien avancé
Les full time mba les plus reconnus EN DEHORS DE HEC ET DE L INSEAD sont ceux de l’EDHEC GRENOBLE et NEOMA
http://rankings.ft.com/businessschoolrankings/european-business-school-rankings-2015
Pour le PART TIME MBA on a HEC ET insead mais cette fois ci ESCP ESSEC ET LYON
Nul doute que les grandes écoles de demain investissent massivement dans ces programmes qui déterminent la hierarchie des écoles dans le monde américanisé
On peut alors mieux comprendre pourquoi l’EDHEC ou LYON ( et GRENOBLE ?)font le pari de changer leur modèle
Ces écoles se lancent dans l’aventure avec des atouts, ceux du modèle traditionnel, des équipes qualifiés, une belle notoriété.
Elles peuvent déjà compter sur la solidité de programmes post graduate de type MBA et sur la formation continue. Ces programmes pourront demain se substituer au programme grande école banalisé pour assurer la notoriété de l’institution.
Le pari sera infiniment plus risqué pour des écoles à faible notoriété en post graduate MBA ,si la multiplication des BBA et tue la lisibilité du programme grande école et si celui-ci de déprécie alors sur quel programme pourront elle compter pour assurer leur notoriété
Il semblerait cependant que des écoles puissent faire le choix de renforcer leur lisibilité en post graduate et MBA sans prendre de risque sur le programme grande école
HEC n’a pas de BBA, CELUI se l’Essec ne semble pas destiné à faire grossir les effectifs du PGE de l’école .
Prudence à AUDENCIA et plus encore à NEOMA ou depuis deux ans on assiste à une réduction des postes mis au concours;
HEC, ESSEC AUDENCIA NEOMA affichent leur fidélité aux cpge
Quid de GRENOBLE après l’alliance avec l’EM?
Un rapprochement de l’ESCP avec Novancia changerait la donne . L’école parisienne a certes ouvert un bba mais à vocation internationale proche du CESEM de Neoma et sans risque pour le programme grande école
Le modele Novancia est très différent et les étudiants de l’ESCP se mobilisent
« Nous tenons également à répondre à la remarque de l’actuel Président de la CCI Île-de-France, M. Jean-Paul Vermès, selon laquelle «il faut bien faire la différence entre un Bachelor et un programme grande école ». Ce qui est en jeu ce n’est pas une quelconque distinction entre les offres de formation de l’école mais bien la préservation de l’image de marque d’ESCP Europe auprès des recruteurs. Or, l’image de marque est un jugement de valeur qui porte sur un tout indivisible, la marque. De fait, préserver l’image de marque passe par une certaine homogénéité de l’ensemble des segments et offres de formation. Le fait de labéliser une formation par le nom « ESCP Europe » n’est pas anodin et doit répondre aux mêmes standards de qualité que ceux inscrits dans l’inconscient des recruteurs. La puissance des marques Harvard, Stanford ou MIT tient dans la garantie implicite que font ces écoles sur le niveau de compétence de leurs diplômés. Ce qui est en jeu ce n’est pas de s’assurer que les recruteurs sachent faire la différence entre un Bachelor et un programme grande école mais qu’ils soient confortés dans l’image de marque qu’ils ont de l’école. Etant donné la différence abyssale de positionnement entre Novancia et ESCP Europe et le profil respectif de leurs diplômés, un rapprochement/fusion créera de fait une dissonance entre l’image de marque perçue par les recruteurs et celle voulue par l’école. Il en résultera une dégradation de l’image de marque. De plus, un diplômé reste un ambassadeur de l’école toute sa vie. Or, comment peut-on se construire une image de marque cohérente, forte et durable avec des diplômés aux niveaux de compétences non homogènes ? Il n’est pas inutile de rappeler que l’image de marque est un actif éminemment stratégique pour une école de commerce dans la compétition internationale et celle-ci doit être au centre des préoccupations avant même la question des coûts. Elle permet, en effet, d’attirer les meilleurs étudiants, les meilleurs professeurs et de garantir un accès performant au marché du travail pour les diplômés. »
Pourquoi ce rapprochement? le modèle traditionnel coûte cher et les bba de Novancia seraient bien utiles…..