LA DISPARITION PROGRAMMEE ET SILENCIEUSE DES CLASSES PREPAS

A0638

Après avoir enseigné en CPGE commerciales pendant 35 ans j’ai pris ma retraite  mais aussi le temps du recul. J’avoue quelques  inquiétudes  devant un certain nombre d’évolutions insidieuses  de cette filière.

L’Université  développe  de plus en plus  des masters de qualité  mais elle bute sur la difficulté à sélectionner. Qu’en sera-t-il demain ? Si les grandes écoles de commerce  se transforment en « facs » de luxe, avec des professeurs exclusivement chercheurs, si elles perdent leurs liens étroits avec l’entreprise, alors elles seront directement concurrencées par les filières universitaires.

Un certain nombre d’écoles n’ont d’ailleurs rien de différents d’une université, une partie de la formation est même effectuée gratuitement par l’université, l’école se contentant de prélever des frais de scolarité pas toujours justifiés.

De telles pratiques sont valorisées systématiquement dans les classements des écoles de commerce  publiés par la presse.

Les écoles transformées en facs de luxe   auraient-elles encore besoin des Cpge pour recruter ?  Pourquoi ne recruteraient elles pas uniquement sur les premiers cycles universitaires quitte même à en mettre en place  de payants, les « bachelors ».

Les bachelors ou BBa  menacent de mort les CPGE. Plus besoin de Claude Allegre .

Il est assez curieux de retrouver  sous un même habillage « moderniste  » la dénonciation des prépas jugés élitistes, le souhait de voir les universités devenir plus sélectives, la mise en place d’écoles à l’américaine.

On retrouvera  des libéraux souhaitant moderniser, c’est à dire  américaniser notre système éducatif : l’institut Montaigne, Benoist Apparu.

On y trouvera tous ceux qui considèrent le système français trop élitiste : des politiques comme Vincent Peillon, Benoit Hamon, des sociologues comme Monique Dagnaud, le Café pédagogique et à peu près tous les journalistes  s’intéressant à l’éducation.

La presse multiplie les classements, invente des critères et se mélange les pinceaux  entre doubles diplômes et doubles compétences.  Nous apprenons qu’un ESC Montpellier obtient en débutant le salaire que peut espérer un Hec dans la réalité…

Les institutions de province les plus solides et les plus fidèles aux prépas  sont massacrées au profit d’écoles post bac ou recrutant  majoritairement  hors de la filière CPGE.

J’ai voulu comprendre et  j’ai repris tous les classements, la méthodologie et les critères  et mon inquiétude a été démultipliée.

Je vous invite à télécharger le pdf accessible sur dropbox.

https://www.dropbox.com/s/x9mozqp2j8hxpsm/guide%20-%20Copie%2010.pdf?dl=0

 

Si vous partagez les analyses n’hésitez pas à le diffuser.

Vous trouverez sur mon blog plusieurs analyses impertinentes

https://pgibertie.com/

Vous pouvez également trouver sur Amazon le guide critique destiné aux terminales, aux étudiants de Cpge ou d’école.

http://www.amazon.fr/s/ref=dp_byline_sr_book_1?ie=UTF8&text=Patrice+Gibertie&search-alias=books-fr&field-author=Patrice+Gibertie&sort=relevancerank

 

Je ne voulais pas assister  sans réagir à la disparition programmée et silencieuse d’une filière à laquelle j’ai consacré  une bonne partie de ma vie. Personne ne manifeste contre des classements ou contre la multiplication des BBA. Mais ne faut-il pas mettre en avant les atouts d’une filière d’excellence  et les dangers de la BBAFOLIE. Ces formations coûteuses ne délivrent ni le grade de licence ni celui de master.

P Gibertie

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4 commentaires pour LA DISPARITION PROGRAMMEE ET SILENCIEUSE DES CLASSES PREPAS

  1. Alexis dit :

    Cher Patrice,
    Nous avons déjà eu cette discussion, mais je crois que tu te fourvoies, en tout cas pour ce qui est de la concurrence des universités. Elles ne peuvent ni faire payer les étudiants ni les sélectionner, comme un jugement vient encore de le rappeler. Avec le désengagement de l’Etat, elles sont donc condamnées à péricliter. La LRU a été le coup de grâce : les facs n’ont aucune recette supplémentaire, mais elles subissent mécaniquement une augmentation de la masse salariale avec le vieillissement des personnels (le fameux GVT). Elles crèvent donc, en silence, et dans l’indifférence générale. Dans ma fac, pour ne citer que cet exemple, tous les poste seront gelés l’an prochain, et nous perdrons 20% de notre budget pour l’enseignement et la recherche. Je ne parle même pas des locaux, ni des sureffectifs, ni de la précarité du statut des vacataires.
    Bref, tu as sans doute raison de craindre la concurrence des grandes écoles, mais tu n’as rien, vraiment rien, à redouter des universités. Au prétexte d’un égalitarisme de pacotille, elles sont depuis 30 ans totalement sacrifiées par les gouvernements de droite comme de gauche.
    Alexis

    J'aime

  2. pgibertie dit :

    Ton analyse démontre bien que la concurrence et le prétendu combat entre CPGE et premier cycle universitaire ‘est pas centrale. Les Universités sont sacrifiées, tu as raison . Nous nous engageons dans une logique d’américanisation des formations en gestion . Celles ci déjà coûteuses le deviendront plus encore . Le système des BBA représente un différentiel de 20 000 euros de plus que les prépas si les grandes écoles veulent recruter après un BBA . Tout cela pour une sorte BTS gonflé de séjours dans les campus de l’école à l’étranger et ne délivrant aucun grade universitaire.

    J'aime

  3. Xavier Gond dit :

    Patrice,
    Quand tout n’est soupesé qu’en termes d’utilité et de communication, à quoi peuvent bien servir les filières d’excellence ?
    Le jeune diplômé idéal et employable à coup sûr ? Un technicien servile, qui serait éventuellement bon communicant.

    – Effectivement, l’université française n’en finit pas de s’enfoncer et de se niveler par le bas, suivant un lent déclin importé par le système éducatif pré-bac, avec pour témoin la cotonneuse léthargie des mandarinats tenus par des Docteurs vieillissants et autocentrés (cf David Lodge) …
    – Le contenu des enseignements des grandes écoles de commerce est de plus en plus nul et de plus en plus cher : on y apprend à se servir d’un taille crayon, sans jamais expliquer à quoi sert le crayon… Avec la concurrence des écoles « ersatz », et l’élargissement du recrutement au sein des meilleures écoles de commerce, on risque fort d’assister à une « Richard Descoings-isation » de ces filières (quelqu’un peut m’expliquer où est l’excellence à Sciences Po aujourd’hui ?)
    – Fin programmée de l’agrégation (regardez les contingents ouverts chaque année aux concours…)
    – Et pour remonter plus loin à la source des problèmes, déstructuration des enseignements et aberration de la logique des programmes scolaires (j’invite tous les parents d’élèves à lire au moins une fois un BO de l’Educ Nat sur les programmes du primaire ou du collège : je ne sais pas s’il faut en rire ou en pleurer)
    Je vous suis sur l’américanisation des formations en gestion : il me semble, à regarder le fonctionnement des universités anglo-saxonnes et leur dynamisme, que le modèle US va tout emporter.
    Et ce n’est pas illogique, car l’histoire montre que la science du commerce, de l’économie et de la gestion s’est construite d’abord par et pour le modèle protestant et anglo-saxon : reconnaissons, même si cela peut être débattu, que la France n’est pas une terre historique du capitalisme et de la science économique. Et l’enseignement de la gestion est à l’avenant de cette inculture française.
    Le problème est que l’ensemble des filières d’excellence françaises risque de disparaître sur l’autel de l’utilitarisme du capitalisme triomphant : s’il n’est pas inutile de dépoussiérer un certain intellectualisme français très nombriliste, il serait regrettable que rien ne préserve notre terre de culture et d’idées de l’effondrement des savoirs.
    Xavier

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