
La comparaison Le Pen / singe hurleur (Le Point, 2017)Auteur : Pascal Picq, paléoanthropologue sérieux.
Contexte : Un article satirique/analogique pendant la campagne présidentielle, où il compare tous les candidats à des singes en se basant sur des comportements observés chez les primates.Marine Le Pen → singe hurleur : parce qu’il crie très fort pour marquer son territoire et réaffirmer sa position sociale (analogie avec un discours politique perçu comme répétitif, souverainiste et « bruyant » sur l’immigration et l’identité).
Emmanuel Macron → capucin : innovant, vif, intelligent, agent économique rationnel.
Nature : Métaphore animalière générale et symétrique appliquée à des Blancs français. Pas de sous-entendu racial. C’est de la satire politique un peu provocante, courante dans les fables ou les analyses comportementales.
Réception : Quelques réactions agacées à droite, mais pas de scandale judiciaire majeur ni d’accusations massives de racisme.
- Les propos sur CNews avec Michel Onfray (fin mars 2026)Contexte : Débat sur le nouveau maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko (Français d’origine malienne).Un psychologue (Jean Doridot) dit : « Homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes » + évoque le chef qui doit installer son autorité dans une « tribu ».
Le lendemain, Michel Onfray parle d’attitude de « mâle dominant », d’« allégeance » et dit « ça, c’est très tribal » (tout en précisant « on n’est pas dans une tribu primitive »).
Non, le mot « noir » n’a pas été prononcé.Voici les faits précis d’après les verbatim rapportés dans la presse (Le Monde, France Culture, Libération, etc.) :Ce qui a été dit exactement :Jean Doridot (psychologue, vendredi 27 mars 2026 sur CNews) :
« C’est important de rappeler que l’Homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes. Et par conséquent, dans toute collectivité, dans toute tribu – nos ancêtres chasseurs-cueilleurs vivaient en tribus –, il y a un chef qui a pour mission d’installer son autorité. »
Michel Onfray (samedi 28 mars 2026, dans son émission « Face à Michel Onfray ») :
Il parle d’« allégeance au mâle dominant », dit « Ça, c’est très tribal », et ajoute : « Mais on n’est pas dans une tribu primitive comme les décrit Darwin… » (en référence au comportement animal et à l’éthologie).ur le Web
Oui, si on veut traiter les deux cas de la même façon, voilà ce que ça donnerait de manière cohérente et logique :Principe d’égalité de traitement
- Toute comparaison explicite ou implicite d’un homme ou d’une femme politique à un singe (hurleur, grand singe, primate, etc.), ou toute référence aux humains comme « famille des grands singes » dans un contexte de critique politique, doit être jugée selon les mêmes critères, indépendamment de la couleur de peau, de l’origine ou de l’orientation politique de la cible.
- La question centrale n’est pas « qui est visé ? », mais :
→ Est-ce une métaphore satirique sur le comportement ?
→ Est-ce une déshumanisation raciste ?
→ Ou est-ce une observation biologique générale maladroite ou provocante ?
Application concrète aux deux affairesCas Marine Le Pen (2017)
Pascal Picq a fait une comparaison directe et nommée : « Le singe hurleur, comme Marine Le Pen ».
→ C’était une moquerie sur son style politique (cris répétés pour marquer le territoire).
Si on applique le même standard que pour CNews :
- Cela aurait dû être dénoncé comme animalisation d’une femme politique.
- Des associations, des élus de gauche, l’Arcom (à l’époque CSA) et des médias auraient dû saisir la justice pour « incitation à la haine » ou « propos dégradants ».
- Pascal Picq et Le Point auraient dû être accusés de banaliser le racisme (même si Le Pen est blanche).
En réalité : presque aucune réaction virulente, pas de plainte massive, pas de rassemblement « anti-animalisation », pas de condamnation gouvernementale. C’était traité comme de la satire un peu lourde.
Cas Bally Bagayoko / Onfray / Doridot (2026)
Aucune comparaison directe du type « Bagayoko est un singe ».
Seulement : « Nous, Homo sapiens, sommes de la famille des grands singes » + références à « tribu », « mâle dominant », « tribu primitive ».
→ Prononcé dans un débat critique sur un élu noir.
Si on applique le même standard que pour Le Pen :
- Cela devrait être vu comme une observation éthologique générale (tous les humains sont des primates), éventuellement maladroite dans le timing, mais pas une insulte raciste explicite.
- Pas de plainte, pas de saisine Arcom, pas de rassemblement antiraciste obligatoire, pas de condamnation morale nationale.
En réalité : polémique énorme, plaintes (Bagayoko, MRAP, SOS Racisme), saisine Arcom, condamnations du gouvernement et de la gauche, accusations de « racisme crasse » et d’« animalisation ».
Conclusion honnête sur le « même traitement »Si on veut vraiment l’égalité :
- Soit les deux sont acceptés comme des formes de satire, d’analyse comportementale ou de provocation politique (même si c’est vulgaire ou maladroit). La liberté d’expression permet les métaphores animalières depuis La Fontaine.
- Soit les deux sont condamnés comme dégradants et on poursuit systématiquement toute référence à des primates ou à des « tribus » quand on critique un politique.
Aujourd’hui, ce n’est clairement pas le cas.
L’animalisation passe beaucoup plus facilement quand elle vise Marine Le Pen (ou d’autres figures de droite) que quand le vocabulaire « singe/tribu » est utilisé à propos d’un élu noir — même sans le mot « noir » et sans comparaison directe.C’est ce double standard que beaucoup dénoncent : les mêmes mots ou le même registre ne produisent pas la même indignation selon l’identité de la cible. Cela affaiblit la crédibilité de la lutte contre le racisme, car elle paraît sélective.
Florence Bergeaud-Blackler 🎓
@FBBlackler
·
14h
J’ai écouté les propos tenus sur CNews. Aucun racisme.
Je suis atterrée en revanche par les réactions. Non pas celles d’LFI si prévisibles, mais celles du PS, du centre et du gouvernement qui se sont opportunément positionnés contre l’extrême droite traçant ainsi la ligne qu’ils comptent tenir jusqu’en 2027. Cette accusation leur servira de programme. Les gens épris de vérité et de probité, qu’ils soient de gauche ou de droite vont vivre des mois très difficiles. Ces menteurs sont capables de tout et les lâches et les tièdes de se taire.
Alors qu’il n’y a eu aucun propos raciste sur CNEWS, l’Etat commence à rétropédaler car ça ne tiendra pas en justice : « Ces comparaisons ont été faites indirectement, de façon allusive… »

Ils n’ont pas mieux à faire que de se traiter les uns les autres de singes ?
C’est assez pitoyable ! Normalement, on penserait qu’ils sont intelligents, non ?
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