Ces sauts se produisaient dans un climat globalement glaciaire, sans forçage majeur en CO₂ (les variations de CO₂ étaient mineures et lentes sur ces échelles). Ils sont attribués principalement à des basculements rapides de la circulation thermohaline atlantique (AMOC), avec des feedbacks amplificateurs (couverture de glace de mer, vents polaires, etc.).

cp.copernicus.org/articles/22/205/2026/cp-22-205-2026.pdf
Nouvelle étude :
Entre 57 000 et 29 000 ans avant notre ère, alors que le CO2 se stabilisait à environ 200 ppm, on a recensé 11 cas où le Groenland s’est brusquement réchauffé de 10 à 16 °C en seulement 50 à 200 ans.
Les analyses polliniques montrent qu’il s’agissait d’événements mondiaux. Des épisodes de réchauffement hivernal de 2 à 5 °C, voire de 5 à 20 °C sur plusieurs décennies (voire siècles), ont également été observés en Asie, en Europe, en Amérique du Sud et centrale, en Afrique, au Moyen-Orient, en Australie…
Il n’y a donc rien d’inhabituel ni d’inédit dans le rythme ou l’ampleur du réchauffement climatique actuel.
La nouvelle étude publiée en 2026 dans Climate of the Past (Liu, Prentice & Harrison) analyse précisément les changements climatiques terrestres lors des événements Dansgaard-Oeschger (D–O) pendant la dernière période glaciaire, en se basant sur des reconstructions à partir de données polliniques mondiales.Voici ce que dit vraiment l’article (publié le 2 février 2026) :
- Pendant le Marine Isotope Stage 3 (environ 57–29 ka, soit 57 000 à 29 000 ans avant le présent), il y a eu 11 événements D–O (D–O 15 à D–O 5), dont l’étude examine en détail 8 (D–O 5 à D–O 12) entre ~50 et 30 ka.
- Au Groenland, ces événements correspondent à des réchauffements abrupts de 10 à 16 °C en surface, sur des intervalles de 50 à 200 ans (avec une phase la plus rapide souvent en quelques décennies).
- Le CO₂ atmosphérique était bas (~200–210 ppm, corrigé à ~207,5 ppm autour de 50 ka dans l’étude), ce qui est pris en compte pour corriger les reconstructions d’humidité disponible pour les plantes.
- Les analyses polliniques et autres proxies (speleothems, etc.) montrent une expression globale mais pas uniformément réchauffante :
- Forte réchauffement dans les extratropiques nord (surtout Eurasie, Europe du Nord et centrale), avec une réduction marquée de la saisonnalité : le réchauffement hivernal est beaucoup plus fort (ΔMTCO >> ΔMTWA, pente ~2,9).
- Réchauffement aussi dans les tropiques, avec réduction de saisonnalité.
- Refroidissement dans les extratropiques sud (Amérique du Sud australe, Australie, etc.) et antiphase hémisphérique (bipolar seesaw).
- En Amérique du Nord : pattern ouest-est contrasté, souvent refroidissement à l’ouest.
- L’article conclut explicitement : « Dansgaard–Oeschger (D–O) warming events are comparable in magnitude and rate to the anticipated 21st century warming. » (les événements de réchauffement D–O sont comparables en ampleur et en vitesse au réchauffement anticipé au 21e siècle).
dans les deux cas (D-O et réchauffement actuel depuis ~1980), le Nord (ou extratropiques nord) se réchauffe plus vite / plus fortement que le Sud (ou extratropiques sud).
la vitesse rapide (décennies) est comparable localement.