
selon des informations publiées par La Lettre (média spécialisé en économie et défense) le 28 janvier 2026, le ministre de l’Économie Roland Lescure a effectivement autorisé la vente de LMB Aerospace au groupe américain Loar Group (Loar Holdings Inc.), et cela contre l’avis de la Direction générale de l’armement (DGA), sans imposer l’entrée de Bpifrance au capital comme cela avait été envisagé pour sécuriser un contrôle français.
Cette décision a été prise discrètement fin 2025, peu avant Noël selon les sources, dans le cadre du contrôle des investissements étrangers en France (procédure IEF). Loar Group a ensuite annoncé officiellement aux États-Unis avoir acquis 100 % des actions et droits de vote de l’entreprise française. La transaction, valorisée autour de 365-367 millions d’euros (plus reprise de dette), a été finalisée après obtention des autorisations réglementaires françaises, malgré les réserves exprimées.
LMB Aerospace, basée à Malemort-sur-Corrèze (environ 75 salariés, dont une majorité en France), est un équipementier spécialisé dans les ventilateurs électriques haute performance, moteurs brushless et systèmes de refroidissement pour applications aéronautiques, navales et militaires. Ces composants équipent de nombreux programmes stratégiques français, notamment :
- Le Rafale (Dassault Aviation),
- Le char Leclerc (KNDS),
- Le porte-avions Charles-de-Gaulle,
- D’autres plateformes comme les hélicoptères Tigre et Super Puma, les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de type Le Triomphant, ou encore des Mirage.
L’entreprise fournit ces sous-ensembles à des donneurs d’ordre majeurs comme Dassault, Naval Group, Thales, Airbus Helicopters, etc. Sa technologie est qualifiée selon des normes militaires strictes (MIL-STD, etc.), et elle est considérée comme un maillon critique de la chaîne d’approvisionnement de la défense française.
Cette cession a suscité une vive polémique, qualifiée de « suicidaire » par certains médias et élus (par exemple, des députés de divers bords ont alerté sur les risques pour la souveraineté industrielle).
Les critiques portent sur le fait que, malgré les alertes préalables et la possibilité d’imposer des garde-fous (comme une participation minoritaire de Bpifrance ou des clauses de protection), le ministère de l’Économie a donné son feu vert sans ces conditions, ignorant l’avis défavorable de la DGA (qui supervise les aspects défense).
Le contexte inclut aussi des tensions transatlantiques (notamment avec l’administration Trump en 2025-2026) et des débats récurrents sur la protection des « pépites » de défense françaises face aux rachats étrangers. Loar Group, basé à New York, intègre LMB dans son portefeuille de composants niche pour aérospatial et défense, avec des prévisions de synergies (LMB devrait contribuer environ 60 M$ de revenus et 30 M$ d’EBITDA ajusté en 2026 selon Loar).
Cas emblématiques controversés (souvent autorisés malgré des alertes)
- Alstom (branche énergie) : En 2014-2015, sous le ministère de l’Économie d’Emmanuel Macron (qui a donné son feu vert), la branche énergie d’Alstom (turbines, y compris pour applications nucléaires et défense) a été vendue à l’américain General Electric (GE). Cela a été perçu comme une perte majeure de souveraineté (turbines pour sous-marins, etc.). La polémique est revenue en boucle avec des enquêtes judiciaires (soupçons de corruption, rôle du DoJ américain). Des députés ont dénoncé un « bradage » malgré les enjeux défense.
- Alcatel-Lucent : En 2015-2016, fusion avec le finlandais Nokia (autorisée par Bercy sous Macron ministre). Alcatel était stratégique pour les télécoms et infrastructures critiques. Passé comme un « champion européen », mais critiqué pour perte de contrôle français.
- Photonis (optronique, vision nocturne) : En 2020, tentative de rachat par l’américain Teledyne. La DGA et le ministère des Armées s’y sont opposés fermement (risque pour équipements militaires français). L’État a bloqué l’opération, et Photonis a été repris par un consortium français puis coté en bourse (devenu Exosens). C’est l’un des rares cas où le veto a été effectif.
- Exxelia (composants électroniques passifs, utilisés sur Rafale et autres) : En 2022-2023, rachat par l’américain Heico. Autorisé par Bercy, mais avec conditions (action de préférence pour l’État). Critiques sur la perte de contrôle d’un fournisseur critique pour la défense.
- Segault (robinetterie pour nucléaire civil/militaire et sous-marins) : Tentative de rachat par l’américain Flowserve en 2022-2023. Bercy a refusé l’autorisation (refus rare), citant des enjeux de souveraineté.
- HGH Systèmes Infrarouges (technologies infrarouges pour défense, transport, énergie) : Racheté en 2018 par le fonds américain Carlyle. Autorisé, malgré son rôle dans la détection (bases militaires, etc.).
- Latécoère (équipementier aéronautique, structures avion) : En 2019, rachat par le fonds américano-canadien Searchlight. Autorisé par Bercy avec engagements (siège en France, emplois), mais polémique sur la perte d’un acteur clé pour Airbus/Dassault.
- Souriau-Sunbank (interconnexions électriques aéronautiques/défense) : Racheté en 2020 par l’américain Eaton. Passé relativement inaperçu, mais critiqué comme une autre « pépite » partie.
Cas plus récents ou similaires à LMB (fournisseurs niche défense)
- Aubert & Duval (alliages spéciaux pour Rafale, sous-marins, Caesar) : Menacé de cession à des étrangers en 2020 (alertes DGA). Finalement repris en 2023 par un consortium français (Airbus, Safran, Tikehau). C’est un contre-exemple positif où l’État a poussé pour un repreneur national.
- Zodiac Aerospace (sièges avion, systèmes) : Racheté en 2018 par Safran (français), mais avant cela, des rumeurs de cessions partielles à des Américains. Pas de vente directe à l’étranger, mais illustre les tensions sur les fournisseurs.
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