Macron et les Kurdes: la trahison

C’était prévu par tous les analystes qui connaissent le terrain (Stephane Goldin, Hervé GHANNAD, Fabrice Balanche, Guy Milliere, Michel Fayad…) depuis la chute de Bachar Al Hassad et l’arrivée au pouvoir du terroriste jihadiste Al Joulani. Al Joulani – et non Al Charra comme il se fait appeler aujourd’hui – est le nom de terroriste de ce barbare d’Al Quaeda. Le voilà en train de massacrer à tours de bras les Kurdes, dans un remarquable silence des médias français

@AlexandreRifai
Monsieur le Président
@EmmanuelMacron
,
Selon les mots mêmes de celui que vous avez pris dans vos bras, l’idée d’attaquer les combattants kurdes viendrait de vous et de votre initiative.
Et cet ex-djihadiste n’aurait fait, visiblement, qu’exécuter vos « conseils ».
Vous m’étonnez, il n’attendrait que ça. Et vous lui aurait donné feu vert.

Pire
Alors que, dans votre seul et unique — malheureux et très court — tweet, vous dites être « préoccupé » par l’escalade en Syrie et par la poursuite de l’offensive conduite par les autorités syriennes.

Permettez moi de penser :

Soit il ment.
Soit vous mentez.
Soit vous êtes un véritable ignorant de l’identité de ces combattants kurdes.

Dans ce cas, renseignez-vous avant de proposer la mort à des civils et à des femmes kurdes.

Les Kurdes, Monsieur le Président, ont donné près de 15000 combattants et combattantes dans la lutte contre Daech.

Heureusement que vous n’étiez pas président à l’époque, car à ce rythme, on pourrait presque penser…
Je ne veux même pas le prononcer.

Mais sachez que cette offensive militaire que vous aurait proposée à un ancien djihadiste produit aujourd’hui des scènes d’horreur et de captures de combattantes kurdes.

Je vous épargne les images de la défenestration de l’une d’entre elles, méthode djihadiste utilisée visiblement par l’armée que vous soutenez désormais.

Je vous épargne la vue des drapeaux de Daech brandis dans les « villes libérées » par l’armée de Monsieur Al-Sharaa, que vous avez reçu à l’Élysée.

Je vous épargne les morts kurdes de ces dernières semaines, et pas uniquement parmi les combattants.

Je vous épargne la vue de ces militaires syriens qui paradent avec les longues mèches de cheveux de femmes kurdes comme des trophées.

Je croyais que la cause des femmes vous tenait à cœur.

Renseignez-vous sur la signification de ces actes : Quand un djihadiste brandit les cheveux d’une femme qu’il considère comme hérétique, « kafira», ou je ne sais quoi encore — comme il considère toutes les minorités.

Des minorités que vous avez ignorées et abandonnées, Monsieur Macron.

Aujourd’hui, vous semblez davantage croire la version d’un islamiste ex-Al-Qaïda que celle des combattants qui nous ont largement aidés.

Occidentaux comme Syriens : les Kurdes ont sauvé de nombreuses villes arabes des mains de Daech.

Et aujourd’hui, vous auriez donc demandé à une armée contenant d’anciens membres de Daech de les pourchasser.

Monsieur le Président, j’ignore la véracité exacte des propos de ce président ex-djihadiste.

Mais chacun de vos gestes, depuis le début, n’a fait que l’encourager, le conforter et l’accompagner dans l’horreur.

Il a reçu votre bénédiction, et celle d’un Occident berné.

Vous et l’Europe ne cessez de lui promettre des centaines de millions, qu’il utilisera sans doute dans ce genre d’attaques.

Je ne cesse de le dire :

Alaouites : vous n’avez rien dit.
Druzes : vous avez surtout attaqué Israël.
Et maintenant, les Kurdes seraient à leur tour victimes de vos « conseils ». Vos seriez donc l’instigateur ?

Avec le respect dû à votre fonction, et au risque d’attirer la foudre de certains de vos soutiens aveugles et hystériques , je vous le dis :

Vous n’aidez pas la Syrie avec votre soutien aveugle au poulain du Qatar et de la Turquie.

Comme lors de votre reconnaissance de l’État palestinien : vous n’aidez pas les Palestiniens, vous reprenez les rhétoriques de ceux qui ont financé le Hamas — le Qatar et la Turquie.

De grâce, laissez le Moyen-Orient tranquille.

Car si l’intervention de la France sert à entraîner, valider ou justifier les massacres des minorités, alors elle ne produira ni paix, ni stabilité, ni justice — seulement davantage de sang, de rancœur et de chaos, dont l’Histoire vous tiendra responsable. Elle produira la victoire de ceux qui haïssent l’occident. Je ne pense pas que vos conseillers arabisant de salon vous le diront

Je ne vous dis pas merci pour les Kurdes ni pour la Syrie.
L’histoire non plus.

 Ces derniers jours, les forces gouvernementales syriennes ont pris une large partie du territoire de l’administration autonome du nord-est syrien dirigée par les autorités kurdes. Les populations kurdes, elles, fuient l’avancée des troupes de Damas. La ville de Kobané est encerclée depuis plus de deux jours par les forces du régime, sans eau, sans nourriture, ni électricité.

Il y a dix ans, les combattants et combattantes kurdes ont mené une bataille de plus de neuf mois contre l’EI avant de les repousser définitivement. Les alliés d’alors, comme la France et les États-Unis, semblent aujourd’hui sourds à la détresse de la population.

« Mon téléphone va s’éteindre, nous n’avons plus d’électricité », conclut Nichtiman Haji Morad. Plus de nouvelles pendant de longues heures, avant un court message finalement publié mardi soir. « Ils ont coupé internet. En marchant dans la rue, j’ai soudain trouvé de la connexion mais je ne sais pas pour combien de temps. J’aimerais vous informer mais je ne peux pas ».  Depuis mercredi, la ville est coupée du monde. 

Parmi les forces de l’armée de Damas figurent d’anciens groupes armés accusés d’exécutions sommaires, de kidnappings, de viols et de torture sur la communauté kurde durant ces dix dernières années. Pour l’heure, aucun de ces crimes ni de ceux dont sont accusées les forces kurdes n’ont été jugés.

Le ministère syrien de l’Intérieur a déclaré qu’environ 120 détenus de l’État islamique se sont évadés de la prison de Shaddadi, après que le site web kurde Rudaw a rapporté qu’un porte-parole des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, Farhad Shami, a affirmé qu’environ 1 500 membres de l’État islamique se sont échappés.

Avoir soutenu l’installation au pouvoir d’Ahmed al-Sharaa, ancien chef d’Al-Qaïda, en Syrie était une grave faute politique.
Accepter de lui sacrifier les Kurdes qui nous ont tant aidé dans la lutte contre Daech comme est en train de le faire Trump et réagir à peine comme le font les autres dirigeants occidentaux est une ignominie.
Avec tout totalitarisme, la transaction est une erreur majeure.

MLP_officiel
·
7h
Les Kurdes meurent, les Kurdes qui avaient mené courageusement le combat contre les terroristes de l’État islamique sont lâchement abandonnés et la communauté internationale détourne le regard. Que dire d’Emmanuel Macron qui une une fois de plus a tragiquement failli, lui qui avait déroulé précipitamment le tapis rouge au président autoproclamé de Syrie, djihadiste passé par Daesh et Al Qaïda. En accordant un brevet de respectabilité à l’islamisme, le président de la République porte aujourd’hui une lourde responsabilité dans la persécution des minorités en Syrie.

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About pgibertie

Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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