
Etude publiée dans Nature : les mouvements tectoniques ont un impact bien plus important sur le changement climatique que nous ne le pensions, les auteurs publient ce graphique.Celui-ci illustre parfaitement certaines réalités de long terme (530 derniers millions d’années) que l’on a tendance à trop perdre de vue :
- Nous vivons actuellement une période fraîche (interglaciaire) au sein d’une ère froide
- Le taux de CO² actuel est particulièrement bas malgré nos émissions
- Le CO² n’est pas le pilote principal de la température : des périodes avec peu de CO² (< 1000 ppm) ont connu des températures sensiblement plus élevées que les notre et à l’inverse des périodes avec des taux très importants n’ont pas été les plus chaudes
- Les hausses de températures précèdent celles du CO² et non l’inverse
https://nature.com/articles/s43247-025-03097-0
L’article , publié dans Communications Earth & Environment (une revue de Nature) le 19 janvier 2026, s’intitule « Carbon emissions along divergent plate boundaries modulate icehouse-greenhouse climates » (auteurs : Ben R. Mather et al.).
Il met l’accent sur le rôle dominant des émissions de carbone aux frontières divergentes (ridges médio-océaniques et rifts continentaux) dans la régulation du CO₂ atmosphérique et des grands changements climatiques (passages icehouse/greenhouse) sur le Phanérozoïque (derniers ~540 millions d’années). Les auteurs montrent que ces émissions tectoniques surpassent souvent celles des arcs volcaniques (surtout avant ~100 Ma), et que l’équilibre entre émissions (outflux) et séquestration (dans les plaques océaniques, carbonates, altération crustale) pilote les fluctuations climatiques à très long terme.Le graphique clé (probablement Fig. 4) compare sur ~540 Ma :La température de surface reconstruite (courbe noire),
Le CO₂ atmosphérique (proxies et estimations),
Le ratio outflux/influx de carbone (lié aux processus tectoniques),
Et d’autres indicateurs comme le ⁸⁷Sr/⁸⁶Sr.
Il illustre bien les alternances icehouse/greenhouse, avec un bon suivi entre le ratio tectonique et la température (corrélation ~0.6, lag négligeable).Quelques points alignés avec ton commentaire, confirmés ou nuancés par l’article et le consensus géologique récent :Période fraîche actuelle : Oui, nous sommes dans un état icehouse (ère froide) depuis le Cénozoïque, avec glaciation polaire et interglaciaire actuel. Le Phanérozoïque a connu des phases beaucoup plus chaudes (greenhouse) sans calottes permanentes.
CO₂ actuel particulièrement bas : Absolument. Les niveaux pré-industriels (280 ppm) et actuels (420+ ppm) sont très faibles comparés à la moyenne du Phanérozoïque. Des périodes greenhouse ont vu des CO₂ >1000–2000 ppm (voire >4000 ppm dans certaines reconstructions anciennes), et même pendant des phases relativement fraîches, les valeurs étaient souvent plus élevées qu’aujourd’hui. Les travaux récents (comme la grande courbe de température 2024 dans Science) confirment que la température moyenne globale a varié entre ~11–36 °C sur 485 Ma, avec des pics liés à du CO₂ élevé.
CO₂ n’est pas toujours le pilote principal unique : Sur ces échelles de temps géologiques, les variations tectoniques (longueur des ridges, taux d’ouverture, subduction des carbonates, etc.) contrôlent en grande partie le CO₂ à long terme, et donc la température. Le CO₂ reste le principal forçage radiatif, mais modulé par la tectonique (et l’altération silicatée, la biologie, etc.). L’article insiste sur le fait que les émissions divergentes ont été sous-estimées par rapport aux arcs.
Hausses de température précèdent le CO₂ ? : Attention, c’est un point souvent mal interprété. Dans les cycles glaciaires-interglaciaires du Quaternaire (derniers 2–3 Ma), les données montrent bien que le réchauffement orbital (Milankovitch) initie la hausse de température, qui libère ensuite du CO₂ océanique/amplificateur (lag de ~800 ans). Mais sur les échelles de dizaines à centaines de millions d’années (Phanérozoïque), les reconstructions ne montrent pas systématiquement que T précède CO₂. Au contraire :Beaucoup d’études trouvent une corrélation forte et positive CO₂ température (souvent CO₂ comme driver principal).
Cette étude spécifique trouve un lag négligeable entre le ratio tectonique (qui contrôle CO₂) et la température, sans évidence que la température mène le CO₂ sur le long terme.
Certaines périodes montrent des découplages à l’échelle million d’années (surtout en greenhouse), mais le consensus reste que CO₂ est un forçage majeur, pas juste une conséquence.
En résumé, l’article renforce l’idée que la tectonique a un impact plus important qu’on ne le pensait traditionnellement (en déplaçant l’accent des arcs vers les zones divergentes), et que notre époque est exceptionnellement froide et pauvre en CO₂ par rapport au passé profond.
La tectonique des plaques entre autre comme je l’ai dit un commentaire dans un article précédent, ex; la dérive des continents fait que l’Espagne s’échappe vers le Golfe de Gascogne (…) mais ce n’est pas pour demain. Conf. https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/terre-observations-satellites-revelent-peninsule-iberique-ne-bouge-plus-comme-on-pensait-128532/ Tout varie, tout change et on n’y peut rien.
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