Il n’existe pas de science du climat sans acceptation de l’incertitude sur: la dangerosité, la responsabilité humaine, les facteurs naturels du réchauffement climatique

 il existe des désaccords et des incertitudes sur les questions les plus importantes :

  • Dans quelle mesure le réchauffement récent a-t-il été causé par l’homme ?
  • De combien la planète se réchauffera-t-elle au 21e siècle ;
  • Le réchauffement est-il « dangereux » ?
  • L’élimination dans l’urgence de l’utilisation des combustibles fossiles améliorera-t-elle le bien-être humain ?

Néanmoins, on nous abreuve sans cesse du mythe selon lequel 97 % des climatologues conviennent que le réchauffement est dangereux et que la science exige la réduction urgente des émissions de CO2.

Alors, comment en sommes-nous arrivés au point où les dirigeants du monde et une grande partie de la population mondiale pensent que nous devons de toute urgence réduire les émissions de combustibles fossiles afin de prévenir les événements climatiques extrêmes ? Non seulement nous avons mal évalué le risque climatique, mais les politiciens et les médias jouant sur nos peurs face à certains types de risques tirent la sonnette d’alarme.

La difficulté du problème climatique est liée à la dualité de la science et de la politique face à un problème extrêmement complexe. Il existe deux manières courantes mais inappropriées de mélanger science et politique. La première est de transformer les questions politiques en questions scientifiques. Le problème est que ce la science n’est pas conçue pour répondre aux questions sociétales qui relèvent du domaine politique. La seconde est la politisation de la science, par laquelle la recherche scientifique est influencée ou manipulée pour soutenir un agenda politique. Nous avons été témoins de ces deux manières inappropriées de mélanger science et politique dans la lutte contre le changement climatique.

Il existe une troisième voie, connue sous le nom de « science méchante » (wicked Science) est adaptée à la double nature scientifique et politique des problèmes sociétaux. La wicked Science utilise des approches issues de la science de la complexité et de la pensée systémique dans un contexte qui engage les décideurs et autres parties prenantes. La wicked Science relève d’une approche transdisciplinaire qui considère l’incertitude comme étant d’une importance primordiale. Une utilisation efficace de la wicked Science nécessite que les décideurs politiques reconnaissent que le contrôle est limité et que l’avenir est inconnu. Une politique efficace laisse place à la dissidence et au désaccord sur les options politiques et inclut un large éventail de parties prenantes.

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Changement climatique: après celle d’Eric Verrecchia, nouvelle interview exceptionnelle sur ce sujet avec la légendaire professeure Judith Curry,

https://www.climato-realistes.fr/judith-curry-le-changement-climatique-nest-plus-ce-quil-etait/

Modèle d’argumentation posée, l’ouvrage de Judith Curry commence par nous raconter comment l’idéologisation de la science a conduit des scientifiques à revêtir les habits de militants de causes sans rapport avec l’étude rationnelle du climat.

L’analyse presque clinique de l’évolution du phénomène se conjugue au recours à des images frappantes et efficaces, comme le concept de « blanchiment de données » (comment « nettoyer » un ensemble de résultats pour que, de l’article scientifique au résumé puis au communiqué de presse, ne subsistent que les conclusions qui vont dans le sens voulu) à celui du « moment feu de camp » que nous vivons, où le but du jeu consiste à trouver l’histoire qui fera le plus peur.

Parfaitement informé et structuré, l’ouvrage donne à voir une lionne qui dévore tranquilllement son déjeuner, quartier de bœuf après quartier de bœuf. Quand elle pose sa patte sur la notion de consensus scientifique, quelques pages plus loin à peine il ne reste pas la moindre miette de cette chimère qui ne favorise que les biais de sélection et d’excès de confiance. Lorsqu’elle serre délicatement dans sa mâchoire la question de la décarbonation, le lecteur a vite fait de comprendre que les sommes astronomiques qui y sont consacrées n’ont rien d’une politique raisonnable. Jette-t-elle son dévolu sur les modèles climatiques, ou sur les scénarios de température pour 2050 ? Un conseil : ôtez vos doigts.

Il faut souhaiter à cette excellente synthèse le même succès que la traduction de celle de Steven Koonin (Climat, la part d’incertitude, L’Artilleur, 2022), qui a fait grand bruit il y a deux ans notamment grâce à la venue de l’auteur à Paris à l’invitation de l’Association des Climato-Réalistes. (Oui, oui, on essaiera de voir s’il nous est possible de faire venir aussi Judith Curry, mais n’anticipons pas…) Les deux livres ont pour points communs leur remarquable pondération, le caractère irréprochable de leurs sources, l’appel sincère à un travail qui réunirait toutes les bonnes volontés plutôt que les tenants d’un seul camp, et leur contenu remarquablement informatif qui donne beaucoup à réfléchir sur bien des questions comme celle du lien entre science et politique. En guise de conclusion, parmi la masse d’excellents conseils donnés par l’auteur, mentionnons par exemple celui-ci en forme d’avertissement adressé à nos démocraties :

L’expression « suivez la science » sonne bien. Mais la science ne conduit nulle part. Elle peut éclairer diverses lignes de conduite, quantifier les risques et les arbitrages. Mais pas faire des choix à notre place. En suivant la science, les décideurs évitent d’assumer la responsabilité des choix qu’ils font. Quand la science est invoquée pour légitimer le transfert de responsabilités d’un corps démocratique à un corps technocratique, le sort les décisions de l’arène du débat politique.

@curryja

! Judith Curry était une climatologue réputée et respectée jusqu’au moment où elle a dénoncé les dérives scientifiques et éthiques de certains de ses collègues.

Rapidement étiquetée “négationniste du climat”, elle sera forcée de quitter le monde académique en raison de ses positions.

Dans son livre “Le changement climatique n’est plus ce qu’il était”, elle plaide pour une science du climat humaniste et rigoureuse, qui respecterait la complexité de ce problème “diabolique”, prendrait les données pour ce qu’elles sont, et remettrait l’humain et son épanouissement au centre.

Climatologue, elle a été professeure et présidente de l’École des sciences de la terre et de l’atmosphère de l’Institut de technologie de Géorgie durant 13 ans. Elle est aujourd’hui présidente et copropriétaire de Climate Forecast Applications Network (CFAN), une société privée spécialisée dans les prévisions météo et climatiques. A la suite de l’interview, nous vous proposons dans cette vidéo une version traduite et doublée de l’excellente présentation proposée par Judith Curry devant le GWPF en 2024. Merci à

@CuendetV

pour sa traduction! 0:00 Bande annonce 3:41 Présentation 6:35 Le “climategate”: Judith devient critique, et le paie cher 14:48 Similarités entre climat et Covid-19 16:24 “Consensus scientifique” vs “monstre de l’incertitude“ 24:09 Adaptation plutôt que contrôle 28:20 Que nous disent les modèles et sont-ils fiables ? 35:52 Saturation du CO2, un faux débat 37:49 Quels sont les “vrais” risques climatiques pour l’humanité ? 58:24 Consensus scientifique vs consensus de scientifiques 1:01:31 La persécution des “sceptiques” 1:08:45 Recommandations de lecture et espoirs pour l’avenir 1:14:19 Présentation du livre en 2024 devant le GWPF

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Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
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4 Responses to Il n’existe pas de science du climat sans acceptation de l’incertitude sur: la dangerosité, la responsabilité humaine, les facteurs naturels du réchauffement climatique

  1. Avatar de Jean-Luc Ollivier Jean-Luc Ollivier dit :

    Sur terre, Judith Curry fait partie des quelques climatologues qui ont une véritable carrière dans le domaine. En effet, la climatologie est une nouvelle science dans laquelle s’est engouffré tout un tas « d’escrologistes ». En France, le diplôme de climatologue n’existe pas, pourtant un certains nombre de personnes s’attribuent ce titre, comme par exemple Valérie Masson Delmotte ou Jean Jouzel. A mes oreilles, la parole de Judith Curry a bien plus d’importance que celle de ces gens là!

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    • Avatar de JEAN-LUC JEAN-LUC dit :

      Je crois que J Jouzel faisait partie de ces chercheurs qui pour conserver le financement de leurs labos, ne voulaient pas fâcher les sponsors en allant contre la doxa climatique.
      C’est du moins ce qu’ils laissaient entendre en off…

      Le domaine de la recherche en général est prisonnier de celui qui finance…

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  2. Avatar de Pierre Driout Pierre Driout dit :

    L’architecte Dominique Raynaud a écrit un très bon livre de sociologie sur les controverses scientifiques qui sont nécessaires à l’hygiène des sciences !

    Ceux qui fuient le débat contradictoire ne sauraient être de bons savants !

    Sociologie des controverses scientifiques, Préface de Mario Bunge, Paris: Éditions matériologiques, 2018. Nouvelle édition augmentée du même titre

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