efficacité des vaccins contre la grippe : difficile à mesurer, la réduction des hospitalisations et de la mortalité réajustéee de 50% à moins de 10%

https://minerva-ebp.be/FR/Analysis/680

L’efficacité de la vaccination annuelle contre la grippe chez les personnes âgées (> 65 ans) pour la prévention des complications graves, telles que l’hospitalisation et la mortalité, fait l’objet de discussions depuis de nombreuses années. Ces résultats sont difficiles à mesurer avec une étude randomisée contrôlée. Par conséquent, l’importance de l’efficacité est généralement déterminée au moyen d’une étude observationnelle, comme une étude cas-témoins ou une étude de cohorte (1), avec un risque réel de surestimation en raison d’un biais de sélection. Dans l’étude réalisée par Osterholm et al. publiée en 2012, l’efficacité estimée de la vaccination contre la grippe à réduire les hospitalisations et la mortalité a donc dû être ajustée, passant de > 50% à < 10% (2,3).

Les auteurs d’une récente étude observationnelle ont utilisé une autre méthode pour tenir compte des données observationnelles concernant les hospitalisations et la mortalité : la régression sur discontinuité (regression discontinuity design) (4). Cette technique consiste à comparer les résultats d’une cohorte qui n’entre normalement pas en ligne de compte pour la vaccination contre la grippe, avec une cohorte qui, selon les guides de pratique clinique, entre bien en ligne de compte pour la vaccination contre la grippe, à savoir les adultes à partir de l’âge de 65 ans. En comparant un groupe d’un peu moins de 65 ans avec un groupe d’un peu plus de 65 ans, on suppose que les facteurs de santé susceptibles d’avoir une influence sur les résultats sont répartis de manière égale. De ce fait, les résultats peuvent même être comparés avec ceux d’une étude randomisée contrôlée.

Les données observationnelles sont issues des données relatives à la vaccination au Royaume-Uni : les données relatives à la vaccination figurant dans les dossiers médicaux d’une centaine de cabinets de médecine générale (entre 2003 et 2012), des sondages annuels auprès des patients (entre 2004 et 2005), des données provenant de registres d’hospitalisation et de mortalité (entre 2000 et 2011). On a enregistré 170 millions d’épisodes de soins et 7,6 millions de décès. L’âge des patients variait de 57,7 à 72,3 ans. Dans les dossiers médicaux, à l’âge de 65 ans, une nette augmentation de 22,8% (avec IC à 95% de 21,7 à 23,9%) du nombre de vaccinations contre la grippe est observée. Aucun effet bénéfique n’a pu être observé sur les hospitalisations et mortalité, que ce soit globalement ou spécifiquement suite à une pneumonie, la grippe, une cause respiratoire ou une cause cardiovasculaire. Les résultats n’ont pas été modifiés lorsque seule la saison grippale est tenue pour compte (> 20 cas par 10000 personnes). Les chercheurs ont également examiné d’autres facteurs pour expliquer l’absence d’effet, tels qu’un décalage entre le vaccin et le virus circulant, la présence d’une immunité de groupe et la double vaccination avec un vaccin contre le pneumocoque, mais aucun facteur n’a pu être retenu. Ils ont également comparé leurs intervalles de confiance avec les résultats d’autres études observationnelles, qui montraient bien une nette efficacité du vaccin contre la grippe. Cependant, il n’y avait pas de chevauchement des intervalles de confiance. En fait, on s’attendrait à un effet bénéfique plus important dans le groupe qui vient d’avoir 65 ans car on sait que l’immunité diminue avec l’âge.

Conclusion

Cette étude observationnelle soigneusement menée montre que, chez les personnes de plus de 65 ans, il n’y a aucune preuve d’un effet bénéfique de la vaccination antigrippale sur les complications graves telles que les hospitalisations et le décès.

  1. Michiels B, Govaerts F, Remmen R, et al. A systematic review of the evidence on the effectiveness and risks of inactivated influenza vaccines in different target groups. Vaccine 2011;29:9159-70. DOI: 10.1016/j.vaccine.2011.08.008
  2. Michiels B. Efficacité de la vaccination contre l’influenza. Minerva bref 28/10/2012.
  3. Osterholm MT, Kelley NS, Sommer A, Belongia EA. Efficacy and effectiveness of influenza vaccines: a systematic review and meta-analysis. Lancet Infect Dis 2012;12:36-44. DOI: 10.1016/S1473-3099(11)70295-X
  4. Anderson ML, Dobkin C, Gorry D. The effect of influenza vaccination for the elderly on hospitalization and mortality: an observational study with a regression discontinuity design. Ann Intern Med 2020. DOI: 10.7326/M19-3075
  5. Michiels B. Prévention non pharmacologique de l’influenza. Minerva bref 28/11/2012.
  6. Aiello AE, Perez V, Coulborn RM, et al. Facemasks, hand hygiene, and influenza among young adults: a randomized intervention trial. PLoS One 2012;7:e29744. DOI: 10.1371/journal.pone.0029744
  7. Conseil Supérieur de la Santé. Vaccination contre la grippe saisonnière (Saison hivernale 2019-2020). CSS avis 9531. URL: https://www.health.belgium.be/fr/avis-9531-vaccination-grippe

https://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099(11)70295-X/abstract

Il est très difficile de mesurer l’efficacité des vaccins grippaux car il n’y a pas d’études randomisée

Les études ayant utilisé diverses techniques


 l’application sur la cohorte de la Kaiser Permanente en Californie de la méthode dite de la
« différence sur la différence » [20] consiste à déduire de la réduction de la mortalité
globale celle observée durant les périodes où la grippe ne circule pas (ce qui représente
le biais). Ainsi, la réduction de la mortalité globale liée à la vaccination est estimée à
4,6 % (95% IC : 0,7- 8,3) chez les personnes âgées de 65 ans et plus. Ce résultat est
obtenu avec une couverture vaccinale de 60 % environ avec un excès de mortalité lié à la
grippe de 7,8 %. Les auteurs estimaient que si aucun des seniors n’avait été vacciné,
l’excès de mortalité aurait été de 9,8 %, ce qui signifie que la vaccination a évité 47 %
(4,6/9,8) des décès qui seraient survenus si personne n’avait été vacciné ;


 cette équipe a appliqué la même méthodologie pour évaluer l’efficacité de la vaccination
antigrippale chez les adultes âgés de 50 ans et plus pour la prévention de
l’hospitalisation pour pneumonie et grippe [21]. L’efficacité vaccinale vis à vis de
l’hospitalisation pour pneumonie et grippe est ainsi estimée à 8,5 % (95% CI: 3.3–13,5)
chez celles âgées de 65 ans et plus.


 une autre technique dite « Instrumental variable » (IV) a été appliquée aux patients âgés
de 65 ans et plus de la base de données de l’Ontario [22]. L’application de la méthode IV
permet de calculer une réduction de 6 % (-3 ; 16) de la mortalité toute cause confondue
durant les périodes de circulation virale et de 14 % (8 ; 21) du risque d’hospitalisation
pour grippe, pneumonie et mortalité toutes causes confondues.

Les CDC américains proposent les résultats suivants

https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/71/wr/mm7110a1.htm?s_cid=mm7110a1_w

Vous verrez parfois des « taux d’efficacité » du vaccin grippe de 40%…

@BanounHelene

Pour en finir avec ces balivernes sur l' »efficacité » du vaccin grippe! https://cdc.gov/mmwr/volumes/73/wr/mm7308a3.htm…

Efficacité du vaccin grippe 2023-2024 mesurée par le CDC aux USA Savez-vous comment est calculée cette « efficacité » ? En comparant des malades avec des malades!

Les « cas » sont hospitalisés pour infection respiratoire aigüe et sont testés positifs pour le virus de la grippe

Les « témoins » sont hospitalisés pour infection respiratoire aigüe et sont testés négatifs pour le virus de la grippe

Les vaccinés sont ceux qui ont reçu le vaccin grippe plus de 14 jours avant l’hospitalisation Ceux qui l’ont reçu depuis moins de 15 jours sont comptés comme non-vaccinés : ceci fausse évidemment l’estimation de l’efficacité !

Ceux qui ont la Covid sont exclus aussi.

En gros chez les malades avec un test grippe positif il y a un peu moins de vaccinés que chez les malades avec un test grippe négatif ; cela signifie que les vaccinés contre la grippe vont à l’hôpital plus souvent à cause d’un autre virus que celui de la grippe, mais ils y vont quand même : quel est l’intérêt ?

Parmi les plus de 65 ans, entre 48 et 60% des hospitalisés pour infections respiratoire aigüe étaient vaccinés contre la grippe

Et malgré tous ces biais manifestes, le résultat est, pour les >65 ans : 47% (entre 19 et 65%, donc manque de précision) d’efficacité contre l’hospitalisation associée à la grippe A (la plus fréquente) (42-47% contre grippe A)

Ou est passée la grippe en 2020 et 2021 ? Réponse sur ce lien : https://dossier.today/p/how-the-flu-disappeared-during-the

Avatar de Inconnu

About pgibertie

Agrégé d'histoire, Professeur de Chaire Supérieure en économie et en géopolitique, intervenant àBordeaux III et comme formateur à l'agrégation d'économie à Rennes Aujourd'hui retraité
Cet article a été publié dans éducation prépa école de commerce. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

5 Responses to efficacité des vaccins contre la grippe : difficile à mesurer, la réduction des hospitalisations et de la mortalité réajustéee de 50% à moins de 10%

  1. Avatar de elba jovialedbba43735 dit :

    « plus il y a de personnes âgées de 65 ans et plus vaccinées contre la grippe, plus leur mortalité par la grippe est forte »

    Courage, fuyons le vaccin, braves gens !!

    Aimé par 2 personnes

  2. Avatar de jebe30 jebe30 dit :

    Pendant ce temps l’Assurance Maladie poursuit sa campagne médiatique, via nos adresses internet, pour inciter les plus de 65 ans à se faire injecter la mixture antigrippale (« Vous avez reçu une invitation car vous faites partie des personnes éligibles. Il est encore temps de vous faire vacciner…« ) en y ajoutant au passage un petit couplet comme quoi, « selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé, il est également conseillé de vous faire vacciner contre la Covid-19. La vaccination peut-être réalisée en même temps que celle contre la grippe….« 

    Hors, aucune étude scientifique n’a été menée pour déterminer l’innocuité de ces deux injections faites simultanément.

    Sachant les ravages causés par le Covax qui, et j’en suis convaincu, n’est rien d’autre qu’une arme de destruction massive mise en œuvre par les tenants du NWO, et l’inefficacité du vax antigrippal pris isolément, on peut légitimement douter que la combinaison des deux mixtures soit inoffensive.

    Pour aller plus loin dans la réflexion, cette insistance à vouloir absolument nous vacciner contre tout et n’importe quoi (désormais ce sont 15 vaccins qui sont injectés en quelques mois aux nourrissons), on peut se demander si ce n’est pas le même mélange qui est injecté sous différentes étiquettes, l’important étant que personne n’échappe au poison.

    https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A17996?lang=fr

    Aimé par 1 personne

  3. Avatar de Christian Christian dit :

    La covid aura eu au moins ça de bien, que les gens se soient mis à douter des vaccinations à tire larigot pour tout et contre tout!

    Ca leur fout les boules de voir leurs bénefs fondre. Les africains risquent, encore une fois, voir leurs stocks de vaxx augmenter pour pas chers!

    J’aime

Laisser un commentaire